Clones ibères de l'allemande Polo, les Seat Ibiza et Cordoba sortent tout juste de l'esthéticien. Ravalement de façade, seulement.
LE groupe VAG est une Europe automobile à lui tout seul. Volkswagen et Audi ? Allemands. Skoda ? Tchèque. Bugatti?... Alsacien. Lamborghini ? Italien. Seat ? Espagnol. Seat, justement. Depuis 1986, l'Ibère roule pour Wolfsburg et, semble-t-il, avec succès. Une Seat était d'abord une Seat, autant dire un engin méridional, elle est aujourd'hui la « Volkswagen » espagnole. On ne plaisante plus. Le duo Ibiza/Cordoba est une intéressante illustration de cette double naturalisation, mi-droits du sang, mi-droits du sol. La robe ? Typiquement Seat, avec cette proue joliment remodelée pour singer la grande Toledo. On peut préférer le côté trapu de l'Ibiza (3/5 portes) au physique un peu désuet des trois volumes de la Cordoba (2/4 portes). A noter que ladite Cordoba est proposée en break Vario au même format : volume confortable (jusqu'à 1200 litres) mais seuil de coffre trop haut.
BON FREINAGE, SUSPENSIONS PERFECTIBLES
La plate-forme ? Celle de la Volkswagen Polo. L'Espagnole est toutefois plutôt plus habitable que sa cousine germaine, à l'arrière surtout, mais ses réglages de suspension semblent moins efficaces car voulus plus confortables. L'auto manque de rigueur, tantôt trépidante tantôt molle, et la précision de conduite s'en ressent. A noter que la Cordoba est plus longue de 30 cm que l'Ibiza (3,87 m) et le comportement s'en ressent, moins précis encore, plus balourd. Bien évidemment, une version de base de 50 ch n'a pas les mêmes prétentions que la très attendue Ibiza Cupra de... 156 ch mais les trains roulants n'ont pas les mêmes arguments. Au reste, les versions les plus puissantes reçoivent le blocage électronique de différentiel EDS et l'antipatinage ASR, une première dans ce segment. Dans l'ensemble, Ibiza et Cordoba font ce qu'elles peuvent en dynamique mais il est clair que les années passent, profitant à la concurrence. Un bon point, le freinage et son antiblocage étonnamment discret compte-tenu de la suspension. La présentation intérieure ? Aux standards VW, c'est dire assez peu exubérante mais de belle facture et bien pensée. Jolie planche de bord - mais plastiques durs - avec un étonnant écran fournissant moult informations (température, date, réglages radio...) et un bien pratique petit tiroir escamotable pour glisser quelques menues pièces à péage. Equipement plus ou moins cossu selon les trois niveaux de finition : basique sur Select (Ibiza uniquement), accueillante sur Stella (ABS, écran d'information, télécommande de verrouillage centralisé...), confortable sur Signo (climatisation, ordinateur, airbag passager...), sportive sur... Sport (jantes alu, sièges sports avec airbags latéraux...). Attendues pour le printemps 2000, Ibiza et Cordoba Cupra auront leur propre style. Dans l'ensemble le rapport prix/équipement est intéressant avec sur toutes les versions, la direction assistée, la banquette arrière rabattable, l'airbag conducteur et l'antidémarrage.
HUIT MOTEURS
Les moteurs ? Huit possibles, tous VW pur sucre. Du paisible limite souffreteux 1.0 essence de 50 ch (Ibiza uniquement) au tonitruant 1.8 turbo de 156 ch (10 CV) en passant par les inévitables TDI en version 90 et 110 ch. Les bons choix ? En essence, les 1.4 de 75 ch (6 CV) et 1.6 de 100 ch (7 CV). Performants et relativement sobres (autour de 8 litres en usage mixte), ces quatre cylindres vont bien au teint de l'Espagnole et s'expriment avec discrétion. Dommage, mais le mal est définitivement répandu, que la boîte mécanique soit un peu longue qui pénalise les reprises. A noter que le 1.6 de 100 ch peut être marié avec une boîte automatique à 4 rapports. Côté diesel, le TDI 90 ch (5 CV) s'impose sans discussion. Bien plus efficace que le SDI de 68 ch (4 CV) et plus accessible financièrement que le 110 ch (6 CV) à défaut d'être plus sobre, il dynamise l'auto sans agresser le tympan. Bref, des automobiles sans façon, sans surprise non plus mais que l'on pourra choisir sans risque tant la qualité « made by Volkswagen » augure de lendemains tranquilles. Seat annonce avoir consacré près de 1,4 milliard de francs à cette (petite) remise en forme, c'est assez peu, d'où des tarifs compétitifs : de 57 990 F pour une Ibiza 3 portes Select 50 ch à 115 990 F pour une Cordoba Vario TDI 110 Sport. Une Ibiza 5 portes TDI 90 ch Signo à 96 990 F est un bon choix même s'il est vrai que les amateurs de sensations fortes auront du mal à ne pas craquer devant une Ibiza Cupra de 156 CV à 106 990 F. Affaire de goût...
Née en 1984, redessinée en 1993, l'Ibiza évolue une troisième fois ; avec pertinence s'agissant de l'esthétique... La présentation intérieure progresse également avec, sur certaines versions, cet écran d'information particulièrement lisible.











