Mercredi 6 octobre 1999

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Des mythes
pour rêver

La peinture a Mona Lisa et la littérature Ulysse ou Jean Valjean... Le septième art, lui, a donc Charlot (c'est le fameux vagabond à la badine qui ouvre, ce vendredi, le cycle), le gangster et Bogart, le cow boy et John Wayne, Brigitte Bardot, Hitchcock ou Marilyn Monroe!
Ces figures de légende et de rêve seront au coeur du cycle mensuel «Lecture du film» (un vendredi par mois à 20 h) que la Filature à Mulhouse -avec le cinéma Bel-Air et le soutien de «L'ALSACE»- organise, à raison de neuf rendez-vous tout au long de sa saison 1999-2000. Renseignements: 03.89.36.28.28 ou en cliquant ici

 

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AlloCine annonce le lancement ce 6 Octobre du premier portail Internet consacre au cinema. Ce nouveau site
remplacera le site actuel d'AlloCine d'information, de reservation et de
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La balade de Jim

Au même titre que David Lynch, Woody Allen ou les frères Coen, Jim Jarmush fait partie de ces auteurs américains qui sont comme chez eux sur la Croisette...

C'est avec une attentive curiosité que Cannes 99 a découvert naguère «Ghost dog», le dernier film en date d'un réalisateur qui y donna «Stranger than paradise», «Down by law» ou «Dead man».

Si le festival a pu parler d'un «Jarmush décalé», c'est peut-être parce que celui que l'on définit volontiers comme un «cinéaste rock» est allé voir du côté du... hip-hop pour dessiner l'univers sonore de «Ghost dog», le tueur qu'incarne, avec une remarquable placidité, le monumental Forest Whitaker. En effet Jarmush a confié la b.o. de son film à RZA, un membre du Wu Tang Clan, l'une des formations américaines de rap les plus réputées du moment.

RAP ET NOIR

Cependant, cette intrusion du rap dans le cinéma de Jarmush ne jure pas, pas plus d'ailleurs que la tonalité très film noir de «Ghost dog». Pour le reste, les amateurs de «cinéma karaté», eux, seront déçus car, des arts martiaux, le cinéaste a retenu essentiellement l'aspect mental. Donc, en cultivant une ambiance quelque peu zen, Jarmush demeure fidèle à ce qu'il aime, voguant toujours dans le double registre de la réflexion philosophique et d'une narration proche du conte ou de la parabole. 0020102.jpg (3997 octets)

Ici, le metteur en scène entraîne donc le spectateur sur les toits de New York, là où se retire Ghost dog, un spécialiste des «contrats» mortels qui rythme sa vie selon les préceptes édictés par «Le livre du samouraï» du Japonais Hadakure. Professionnel redoutable maniant aussi bien le sabre que les arcanes de l'électronique, Ghost dog n'a pour seuls amis que ses pigeons voyageurs et un vieux mafieux qui lui sauva autrefois la vie.

Dans un cadre qui est donc celui du thriller (Jarmush, qui connaît l'histoire du cinéma, respecte volontiers les codes du genre), il parvient à distiller une poésie et une tendresse d'autant plus étonnantes qu'elles se situent dans un monde de brutes. Ainsi on se régale de la drolatique évocation de mafieux délicieusement radoteurs qui semblent sortir d'un Scorsese. Et puis, passent aussi par là Pearline, une fillette qui incarne la pureté ou Raymond, marchand de glaces antillais (Isaach de Bankolé, marrant et déjà aperçu dans «Night on earth») bien déjanté. Dans l'univers du cinéma commercial américain trop prévisible, voilà un bel OVNI...


Sur le Web

  • Le très bon dossier d'Ecran Noir qui a adoré le film

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Extrait
"L'esprit d'une époque est une chose à quoi on ne peut revenir. Si cet esprit se dissipe peu à peu, c'est que le monde approche de la fin..."

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