Dimanche 26 septembre 1999

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Difficile agriculture

Les Chipayas sont des descendants des Uru, probablement arrivés de la côte Pacifique pour chercher un environnement plus propice à leurs intérêts..au gré des différentes invasions. Ils vivent aujourd'hui en deux communautés, Chipaya et Ayparavi.
Au début, ils occupèrent le nord du Lac coipasa (aujourd'hui Salar). A présent, repoussés par les Aymaras, ils habitent une plaine désertique, à la végétation minimaliste, et seule l'humidité du rio Lauka permet une  agriculture composée uniquement de quinua et de pommes de terres. En été cependant, ils recueillent les fortes pluies dans des sortes de mini-barrages, des "trous" rectangulaires d'environ 40 cm de haut, qui rendent réellement possible l'agriculture.

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A la rencontre des Chipayas

Michel, de l'agence de tourisme FREMEN, m'avait parlé d'un peuple..."très bizarre" : les Chipayas. "Tu vas jusqu'à Oruro, de là, il doit y avoir des bus jusqu'à Sabaya, et après..."
A Oruro, on me dit de prendre un bus à l'autre bout de la ville pour Huachacalla.
"Et de Huachacalla à Chipaya, il y a des voitures?
-Ouii, ouii...des camions, des ambulances...
-(OK, je vais marcher!) Et il y a combien de kilomètres?
- Hooo... 15...
-Bueno (ça le fait).

A 4h du matin, le bus me dépose au bord d'une route, posée au milieu du désert de l'altiplano. Quelques maisons dessinent un village. Je vais voir le garde-barrière qui accepte de me laisser dormir par terre dans sa boîte à sardines en tôle. C'est mieux que les -15º de l'extérieur.

Le matin, je me mets en route.
"Chipaya, c'est à 15 km?
- Oui, c'est ça, 12 km". Bueno.
Après 2h30 de marche, où j'ai maudit jusqu'à ma brosse à dents, je n'y croyait plus. Passe une voiture. Le conducteur, Padre Ramiro, allait justement à Chipaya y célébrer la messe (que bénies soient les messes dominicales!). Au bout de quelques kilomètres, il me dit : "Tu as bien du courage de marcher avec ton gros sac les 40 km qui séparent Huachacalla de Chipaya!" Et il a bien ri de la tête que j'ai faite à ce moment là.

Les Chipayas sont effectivement des gens "très spéciaux"...Ils ont leurs règles propres, leurs costumes, leur langue, leur maisons (de forme circulaire), leur religion.

Ils se disent descendants des Chullpas, auxquels il faut remonter pour expliquer leur origine légendaire : ils racontent qu'au début était l'obscurité, et que leurs ancêtres vivaient à la lumière de la lune. Mais un jour apparu le soleil qui carbonisa tout et tous. Seuls certains furent sauvés en s'immergeant dans l'eau du Rio Lauka, créant ainsi une nouvelle ère, celle des Chipayas. D'où la divinisation de l'élément eau sous toutes  ses formes et des ses sources, les sommets des montagnes. C'est peut-être ce sentiment d'être "premiers hommes sur Terre, fondateurs de la nouvelle civilisation" qui les rend si "bizarres"...

Je ne suis pas restée longtemps chez eux, pas assez pour faire "quelque chose de sérieux". Ce n'est pas facile d'entrer en contact avec eux, les étrangers ne sont pas les bienvenus et ne peuvent séjourner dans le village qu'après l'accord du comité des anciens et moyennant US$50 par jour!

Grâce à l'intervention de padre Ramiro, j'ai pu rencontrer l'Honorable Alcade municipal, Santos Paredos Mamani, venu me voir après son match de foot (je tombais en plein tournoi inter communautés). J'en ai profité pour lui offrir le pin's de Footix et pour lui parler avec enthousiasme du Mundial. J'ai finalement  eu le droit de rester (et sans payer), même après avoir refusé de lui acheter les lunettes photo chromatiques!

Mais mes relations avec les gens  sont restées plus que lointaines, d'un point de vue "reportage", mon séjour  fut un échec. Mais je ne regrette pas.

Laetitia Saarbach


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Quand lama fâché...

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