Un grand S contre des petites faiblesses. Pas assez Porsche pour les puristes, le Boxster hausse le ton, gagne des chevaux et va jusqu'à titiller la mythique 911.
EST- ce lui qui a sauvé Porsche ? Les « porschistes » le concèdent avec aigreur. Quand le Boxster apparait, durant l'été 96, le spécialiste de Stuttgart est il est vrai mal en point. Début de décennie galère, licenciements secs, la faute à un marché américain peu fiable et à une monoculture trop élitiste pour s'accommoder de temps difficiles. Premier prix de la mythique 911 ? Autour de 500 000 F. On conçoit que la chaland se raréfie par temps de crise. A 250 000 F, il reviendrait probablement mais Porsche a des doutes : l'expérience 914 des années 60 - un roadster conçu avec Volkswagen - n'a pas laissé que des bons souvenirs malgré son flat-six installé en position centrale arrière. Postulat de départ pour tout « Porschiste » qui se respecte ? Une Souabe a le moteur en porte-à-faux arrière et non en position centrale voire, l'horreur, avant...
Toute « honte » bue, Porsche décide tout de même de sortir le Boxster. Il y a de la 356-01 dans ce dessin, le chef d'oeuvre d'Erwin Komenda, l'ami-styliste de Ferry Porsche, et surtout du 550 Spyder des années cinquante, la première vraie Porsche compétition-client. L'auto est belle, très Porsche de robe, un peu moins de coeur avec « à peine » 204 ch et des performances brutes très en deçà de la boulimique 911. N'empèche, le succès démarre au quart de tour et Porsche remonte la pente vite fait. Economiquement, c'est un joli coup : Boxster et la 911 font plate-forme commune à hauteur de 40 % des composants et, forcément, les économies d'échelle sont là.
S COMME SPORT...
Problème, le roadster - deux places à ciel ouvert - a le vent en poupe et la concurrence pilonne le terrain du Boxster avec des produits aussi dévastateurs que le Z3 (BMW), le TT (Audi) ou le SLK (Mercedes), aussi performants mais moins chers que le Porsche. C'est terminé : avec le Boxster S, Stuttgart reprend la main. S comme sport ? Indiscutablement. Depuis 1952 et la version 55 ch de la 356, le S anoblit les purs-sangs de Stuttgart. Avec 48 cv de mieux, un couple porté de 245 Nm à 305 Nm au même régime de 4500 tmn, des trains roulants et un freinage empruntés pour partie à la 911, le Boxster S change de registre. Via une augmentation de la course et de l'alesage, le flat-six 2.5 est devenu 3.2 et 252 vrais et beaux chevaux piaffent, que dis-je vocalisent, sous le capot parfaitement exploités par une excellente boîte manuelle à 6 rapports et un chassis aux petits oignons. Comme feue la 914/6 et... la 356-01 imaginée par Ferry Porsche, le six cylindres est en position centrale arrière et c'est une bénédiction pour l'équilibre et l'efficacité de cette auto. Le sous-virage constaté sur la version 2.5 de 204 ch - laquelle est remplacée par une 2.7 de 220 cv - est ici largement atténué et l'ensemble très nettement plus maniable en même temps que plus précis. Un chassis sport abaissé et des jantes de 18 pouce sont proposés en option, qui augmentent un peu plus encore l'efficacité mais dégradent très légèrement le confort. Celui-ci est tout de même assez bluffant pour un roadster sportif.
POUR ANTI-MYTHES
Rien à voir avec un BMW Z3M, plus excitant c'est vrai avec ses 321 ch mais notablement plus exigeant pour le pilote comme pour son passager et probablement un peu moins efficace à très bonne allure. Match nul pour ce qui concerne la consommation avec une moyenne tournant autour de 11 litres en usage raisonnable... Bref, le Boxster S est une vraie Porsche. Et pour tout dire, une 911 cabriolet n'est pas beaucoup plus performante malgré ses 300 ch. Il est d'ailleurs probable que les anti-mythes réfléchiront à deux fois avant de trancher entre le premier affiché 337 000 F en 17 cv et la seconde proposée à 558 000 F en 22 cv. Pour autant, il est clair que Porsche se fiche du monde en osant reléguer la climatisation, la radio et le saute-vent au rang des options sur un Boxster S ! On a même le droit de trouver la présentation intérieure - et notamment la planche de bord et ses cadrans un peu kitsch - pas spécialement raffinée et de s'étrangler devant un volant non réglable en profondeur même si, au fond, la position de conduite est excellente. En revanche, on ne saurait trop féliciter les gens de Stuttgart pour avoir épargné au Boxster S les habituels appendices réservés aux versions sportives, spoiler ramasse-miettes et autres bas de caisse et ailerons, et de n'avoir retenu que le très torride double pot central...
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d Joli mais un peu kitsch, le combiné de bord traduit les nouveaux choix stylistiques de Stuttgart...
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Un dessin d'une parfaite sobriété, en phase totale avec les canons esthétiques Porsche...
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