
Letizia Battaglia est à Perpignan avec de superbes
photos sur la Sicile mafieuse. Darek Szuster a croisé son chemin.
Avec la conférence de presse de Corbis, c'est de la photo du
21ème siècle qu'il s'agissait. Son président Steve Davis, qui a racheté l'agence Sygma
en juin dernier, a qualifié le photojournalisme d'"ingrédient clé" de sa
stratégie et annoncé qu'il "réfléchissait sur la manière de revitaliser cette
discipline". Il a assuré qu'avec 25 millions de photos disponibles, dont 1,5 million
en ligne, Corbis était "le premier fournisseur éditorial dans le monde". Il a
signalé qu'il allait continuer à "centrer son travail sur les photographes, leurs
problèmes artistiques et leurs droits" et que son ambition "était de créer un
guichet unique" pour tous les genres de photos avec "un accès facile" pour
le client. |
Le photojournalisme
en question
Les professionnels du
photojournalisme manifestent leurs inquiétudes au festival "Visa pour l'image".
Vendredi la journée fut marquée par la mobilisation contre la loi Guigou et
l'entrée de l'agence d'images Corbis, appartenant à Bill Gates.

Perpignan c'est 15 jours pour découvrir des expositions magnifiques, mais
aussi un endroit pour débattre de l'avenir du photo journalisme. (Photo
"L'Alsace" Darek Szuster)
Oubliées, ou presque, les clichés saisissants de l'Afghanistan sous la botte taliban
par Zaheeruddin ou l'humour de Krzysztof Miller de la revue polonaise Gazeta. Ce sont le
droit à l'image, les menaces sur les agences indépendantes et les gros sous qui ont
alimenté les discussions des festivaliers.
Sans compter le non-lieu général dans l'affaire Diana accueilli avec soulagement par les
professionnels, mais venu douloureusement leur rappeler que le prestige du reporter
photographe n'est plus ce qu'il était. Le ton avait été donné dès jeudi soir par
l'ancien directeur de Paris Match, Roger Thérond, qui donnait lecture d'un "Appel de
Perpignan pour le droit à l'image". Ce texte demande au Premier ministre et aux
parlementaires "de mesurer la gravité" du projet de loi Guigou sur la
présomption d'innocence. Tous les photographes et responsables d'agence étaient invités
à signer l'appel vendredi dans le hall du centre de presse du festival.
100 000 F D'AMENDE
L'une des dispositions du projet de loi, actuellement en discussion au Parlement,
prévoit de réprimer jusqu'à 100.000 F d'amende "le fait de diffuser la
reproduction des circonstances d'un crime ou d'un délit lorsque cette reproduction porte
atteinte à la dignité d'une victime".
La profession "est en danger" et le droit à l'information, "soumis
jusqu'ici à la versatilité des décisions de justice", "a tout à
craindre" de la loi Guigou, déclare "l'appel de Perpignan". La "loi
Guigou" va "contraindre les photographes à moins travailler et peut-être à ne
plus travailler du tout", estime Roger Thérond qui a porté sur les fonds baptismaux
le festival devenu en dix ans une référence dans le monde du photojournalisme. La
réponse d'Elisabeth Guigou était aussi abondamment commentée. Selon elle, la
distinction sera faite par les tribunaux" entre les images d'hommes ou de femmes
publics tués ou blessés" et celles d'anonymes "projetées soudainement sous le
feu des flashes". Mme Guigou "demande expressément qu'on édulcore la
réalité", estime Christian Caujolle de l'agence Vu. "La logique profonde de
cette réponse, c'est que les gens connus ont droit à leur image et les autres non".
(AFP) |

Sur le Web
|