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Voici la neuvième carte postale de Londres envoyée par Valérie Herczeg. Cette française de Londres a commencé dans le métier de journaliste comme correspondante à... Benfeld, avant d'entreprendre (et de réussir) des études journalistiques dans la ville de la reine Elizabeth.

 

...ICI LONDRES....

Difficile santé

Vous souhaitez venir en Angleterre? quelle que soit la durée de votre séjour, autant vous assurer que vous partez en bonne santé... et essayer de le rester. Car si les Anglais ont aussi une Sécu, mieux vaut savoir qu'il ne faut pas trop compter dessus. Surtout à l'heure où la France, pour limiter les frais, songe à les imiter.

Pas question, par exemple, de se pointer sans crier gare chez le médecin de son choix. Ici, on s'inscrit dans un cabinet de son quartier (lequel a d'ailleurs le droit de vous refuser) et ce pour ne plus en changer. Avant de remplir le formulaire d'inscription, sachez que l'on accepte plus volontiers les gens bien portants (!), qu'il vaut mieux faire l'impasse sur ses antécédents (inutile de mentionner le diabète de mamie ou le triple pontage de l'oncle Alfred) et ne pas s'appesantir sur ses deux paquets de Marlboro quotidiens.

Pour décrocher un rendez-vous, il faut s'y prendre à l'avance, ce qui ne laisse aucune chance à la gastro foudroyante ou à la rage de dents inopinée. Une fois dans la place, prévoyez un alibi en béton lorsque le médecin, soupçonneux, vous demandera la raison de votre visite. Une visite d'ailleurs vite expédiée. Car le praticien anglais semble pris d'une étrange pudeur quand il s'agit de vous ausculter et d'une gêne manifeste si vous faites mine de vous déshabiller -après tout, il ne vous a rien demandé.

Je pourrais aussi vous parler de la difficulté à consulter un spécialiste -il faut pour cela le visa de son généraliste - ou à faire venir un médecin de garde. Autant filer à l'hôpital où vous n'êtes pas au bout de vos surprises. Vous ne me croirez pas si je vous dis qu'un patient (c'est le cas de le dire!) saignant abondamment d'une blessure à la tête a dû attendre pour être recousu... que les infirmières aient fini de prendre le thé. So british!

British aussi les interminables listes d'attente pour des interventions chirurgicales parfois vitales, la rareté des examens médicaux, les ordonnances au compte-goutte et la répugnance à prescrire des antibiotiques (ici on leur préfère le paracétamol). Dur, dur, pour l'hypocondriaque qui sommeille en chaque Français. Alors on serre les dents, on se raconte ses bobos et on se console en se disant qu'en France au moins on peut encore se faire soigner. Pourvu que ça dure.

Valérie HERCZEG

 

Londres sur le Web


(Photo AFP)

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