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(Photos AFP)

Voici la neuvième carte postale de Londres envoyée par
Valérie Herczeg. Cette française de Londres a commencé dans le métier de journaliste
comme correspondante à... Benfeld, avant d'entreprendre (et de réussir) des études
journalistiques dans la ville de la reine Elizabeth. |

...ICI LONDRES....
Week-end à Rome
Rien de tel qu'un week-end à Rome
pour se reposer de Londres et se changer les idées. Et justement, j'ai tout retrouvé. La
douceur de vivre, la fraîcheur des ruelles, le linge aux fenêtres, les effluves mêlés
de savon et d'humidité. Jusqu'aux petits commerces - chemiserie sur mesure, matelassier
à façon, crémier - que je croyais disparus, emportés par la vague impitoyable du
progrès. Comme une malle oubliée au fond d'un grenier, Rome a ravivé les souvenirs
d'une enfance passée dans un coin du Midi. Un coin qui avait encore un air d'Italie. Vous
dire que Londres et Rome n'ont pas grand-chose en commun, vous vous en doutez. D'abord, il
y a le Colisée, le Forum et le Mont Palatin. Autant de merveilles à portée de regard et
dont les Romains ne font guère de cas. La preuve, tout est gratuit - ou presque. A
Londres, la moindre colonne ne serait accessible qu'au prix fort, avec une réduction pour
les enfants, lesquels auraient d'ailleurs accès à des châteaux gonflables et dinosaures
en plastique installés à proximité.
Place Saint-Pierre, même les chevaux sont
au repos (Photo Darek Szuster)
Et puis, il y a les plaisirs de la table et des festins pour trois fois rien. Je n'ose
imaginer combien mes bruschetta, bresaola, gnocchis, tiramisu, vin rouge, café et grappa
(oui, le tout dans un même repas) m'auraient coûté ici. Sans parler de la qualité car,
il faut bien l'avouer, c'est rarement bon comme là-bas. Et que dire des gelati, dont les
innombrables parfums (sabayon, amaretto et d'autres dont j'ai oublié les noms) affolent
les palais les plus blasés.
Arrivederci Roma
Rome, c'est aussi - bien sûr - la désinvolture et la dolce vita. Quelle bouffée
d'air frais que de voir les jeunes - et parfois moins jeunes, décoiffés par un vent de
liberté, sillonner tête nue et en vespa les rues de la Ville Eternelle. Il faut dire que
les transports ne sont pas plus fiables qu'à Londres, mais ils sont moins chers - pour
peu qu'on se donne la peine de les payer. Et
pourtant. Est-ce un sentiment de nostalgie et d'abandon, un je-ne-sais-quoi qui ne permet
pas d'oublier que Rome a depuis longtemps connu son apogée? Londres m'a manqué. Il a
peut-être neigé sur yesterday et Londinium n'est plus ce qu'elle était, mais on navigue
toujours sur la Tamise, on brasse encore des affaires dans la City et les avocats portent
perruque comme autrefois. Bref, on y vit tout simplement, même si ce n'est pas toujours
en été et si le temps n'y dure pas longtemps. Arrivederci Roma et tant pis pour le Sud.
C'était pourtant bien.
Valérie
HERCZEG |

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