Sous le soleil et devant 8 000 spectateurs, le quintuple champion de France, 2e en 1998, a remporté hier la 16e course de côte. Coulanges, Balthazard et le side Piroutet-Greffet sont les autres lauréats.
IL COURAIT après depuis longtemps, mais sans se désespérer, il doutait de pouvoir un jour s'imposer à Barr. Non pas qu'il n'en ait pas les capacités (il a remporté trois des quatre derniers titres nationaux en 1300), mais parce qu'il ne sentait pas très à l'aise sur la très technique - et selon lui, dangereuse - montée barroise. Hier, Éric Resmond, 2e en 1998, a réussi à se faire mentir lors de la 16e édition, 4e épreuve du championnat de France de la montagne 1999.
Pour la première fois donc, le Clermontois, qui avait dominé les deux séances d'essais, a remporté le scratch à Barr, dans une course qu'il qualifie de « très belle, mais qui ne tolère aucune erreur. Je suis particulièrement heureux de m'imposer ici, car Barr est une épreuve mythique, celle où nous ont quittés Fabien Delpierre et Jean Monnin. C'est la plus difficile du championnat. Le record, je ne m'en préoccupais pas. L'important, c'était la gagne qui me relance au classement général.» De record, il n'y a d'ailleurs pas eu dans cette 16e édition. Ni Gilles Coulanges, auteur du doublé 250-600, ni Jean Balthazard, vainqueur en 125, ni Resmond n'ont amélioré les meilleurs chronos de leur cylindrée. « Peut-être », avance le Rixheimois Jean Balthazard, « parce que la chaussée rendait moins bien que les autres années. Moi, comme les autres, j'ai échoué dans ma volonté d'aller chercher le record de Bertrand Stey.» Vainqueur en 1'26''386, le champion de France 1998 chez les 600 est resté assez loin de Stey (1'24''264 en 1996). Idem pour Coulanges, vainqueur en 250 en 1'23"01, à une seconde pile du record établi par Jean Balthazard en 1996 (1'22''01) et dont le succès en 600 en 1'23"477 le laisse à 3 dixièmes de Bertrand Stey (1'23"14 l'an dernier). Idem, aussi, pour Resmond qui, malgré son succès au scratch, n'a pu titiller le record de la montée, propriété de Christophe Di Marino depuis 1997 (1'22"532 contre 1'21"24). Outre Resmond, l'un des grands hommes de la journée est évidemment Gilles Coulanges, qui, avec ses deux succès en 250 et 600, se classe 2e et 4e au scratch. À cinq dixièmes près, le quintuple champion de France réalisait un triplé historique. « Les victoires de classe me suffisent amplement, d'autant que c'est la première fois que je réalise le doublé à Barr. Je suis particulièrement heureux de ma victoire en 600, avec une moto que j'ai montée de toutes pièces en prenant deux années sabbatiques. Depuis que je roule avec, je n'avais encore jamais gagné. Maintenant, mon rêve serait de terminer ma carrière sur deux titres nationaux. Pour finir comme j'avais commencé en 1984 : sur un doublé. Car ce pourrait être ma dernière année.»
PIROUTET-GREFFET : UN SIDE RECORD
Parmi les déçus du jour figure Alexandre Jeannin, le vainqueur de la 15e édition. Pourtant à l'aise aux essais (deux fois deuxième), le Doubiste a dû se contenter de la 5e place au scratch (la 3e en + de 600 cc). « Je l'ai battu l'an passé avec la même moto que lui. Cette année, nous avons tous les deux changé et opté pour une Yamaha 1000. Et je reste à 2" de mon temps 1998. Ma moto ne marche pas bien, c'est tout. Elle connaît des soucis de carburation.» Pas de soucis en revanche du côté de Didier Nagel, le Barrois, trouble-fête de la journée et auteur de la « pole » au scratch lors de la première montée (voir par ailleurs), et Jean Balthazard, ravi de ne concéder que 2" chez les plus de 600 à Resmond dans une cylindrée dont il visera le titre en l'an 2 000. Et puis, pour être parfaitement complets et, surtout, exacts, signalons qu'un record a tout de même été battu lors de cette 16e édition : celui des side-cars. Bernard Piroutet, associé à sa femme Catherine, en était détenteur depuis 1996 en 1'28"343. Hier, avec son nouveau passager Hervé Greffet, il l'a amélioré de 4 dixièmes, en 1'27"919. Le duo barrois Gérard Bonnet-Marc Desnos, champion de France en titre et vainqueur en 1998 dans son jardin, doit, pour sa première course de la saison, se contenter de la 2e place. Et pas seulement parce que le coude de Marc Desnos a malencontreusement heurté le coupe-circuit lors de la première montée de course. Retrouvailles pour tout ce beau monde dès les 12 et 13 juin à Marchaux, pour la 5e épreuve du championnat de France de la montagne.
Super Didier Nagel : le Barrois, auteur du meilleur chrono de la première manche de course, est monté sur la troisième marche du podium devant son public.
(Photo AL - Denis Werwer)











