

San Pedro
San Pedro a connu le boum du salpêtre et aussi son déclin (après la
crise de 1929), et les milliers de chômeurs qui émigrèrent vers Santiago furent à
l'origine de la gauche chilienne, une des plus déterminée d'Amérique Latine.
L'exploitation de ces nouveaux gisements miniers et la croissance de la population ont
entraîné une forte demande en eau. La gestion de l'eau et de l'irrigation est donc
devenue importante.
A noter la dangereuse coïncidence entre les problèmes agricoles et l'expansion minière
(la zone utilise 90% des réserves d'eau de la région).
Il est étonnant de constater que malgré tous les problèmes auxquels se trouvent
confrontés les agriculteurs et les éleveurs, (et malgré le déséquilibre entre
production et rendement), la communauté survit. Elle bénéficie de l'aide de l'Etat qui
est très présent dans la région. Avec son intervention ont été élaborés les grands
travaux de 1960: création de nouveaux réseaux de canaux et séparation des deux fleuves
qui alimentent les oasis : le rio San Pedro et le rio Vilama.
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Du
sel et de l'eau
Le Chili est un pays incroyable. La distance du nord au sud est
équivalente à celle entre Paris et Téhéran... c'est dire la diversité de climats qui
peut exister dans ce pays.

La culture est dépendante de la qualité de l'eau, parfois trop salée.
(Photos L.S)
Ici, l'eau a une importance primordiale. Trop ou pas assez et toute la
vie, l'économie, la culture en sont chamboulées. Pour vous expliquer son importance, je
me suis rendue à San Pedro de Atacama, l'oasis principale du désert du même nom, dans
la région nord du pays appelée Norte Grande.
"Le problème ici n'est pas tant le manque d'eau que sa qualité",
m'explique Guillermo de l'INDAP (Institut de Développement Agricole).

Guillermo m'a indiqué l'adresse de Luis Morgado, un agriculteur dont l'exploitation est
à San Pedro même, et qui a son propre réservoir. Un réservoir coûte 2 millions de
pesos 4 millions de dollars US- et rares sont les agriculteurs pouvant se le payer.
Il bénéficie donc des meilleures conditions. Il a des arbres fruitiers, et une serre où
il peut faire pousser des légumes.
Pourtant, il ne se satisfait pas de cette situation "de survie". Il est
président de l' Asociación Atacameña de Regantes y Agricoltores de San Pedro de Atacama
(Association atacamene des "irrigueurs" et agriculteurs) qui est la plus
importante des associations de San Pedro. Il est également très impliqué politiquement
dans la vie de la commune. Et devant l'attitude passive des autres agriculteurs, il se
crispe : "Ils ne savent pas utiliser l'eau et ne veulent pas changer (...) il ne
faut pas oublier le passé, mais nous devons évoluer".
A l'heure actuelle, un projet mobilise toute son énergie: la construction d'un très
grand réservoir à quelques kilomètres au nord de San Pedro.
UN MILLION DE $
Le système actuel d'irrigation comporte des portes qu'il faut ouvrir et fermer, pour
orienter les flux vers les diverses oasis, suivant les cycles. Or, la nuit, cela n'est pas
fait. C'est donc de l'eau potentiellement perdue. Son projet est la construction d'un
énorme réservoir stockant de l'eau et ne demandant que deux personnes pour gérer
l'écoulement pendant la nuit. Ce projet d'un million de dollars US serait financé à 75%
par l'Etat, les agriculteurs payant le reste.
Luis a bon espoir et pense que la réalisation de ce projet sera d'un grand bénéfice
pour la communauté.
Il voudrait également monter un projet d'agro-tourisme mais, agacé, il me dit que les
gens d'ici ne sont pas encore prêts.
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Teneur en sel

A l'origine, l'eau du rio San Pedro vient du rio Catarpe qui lui, est complètement
pur. Mais par la suite, la rivière passe par des zones salines, contaminant l'eau qui
arrive à San Pedro avec une teneur en sel bien supérieure à la normale. Le 9 février
1999, à la suite d'une pluie importante, le taux de sel dans le San Pedro a été si
élevé que le système d'irrigation a été interrompu pendant deux semaines!

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