Les professionnels du tourisme prédisent une année record en Provence-Alpes-Côte d'Azur, dans un marché aujourd'hui plus axé sur la nature et le terroir.
Conviés ces deux derniers jours à Arles et Saint-Rémy-de-Provence, dans les Bouches-du-Rhône, pour le douzième carrefour international du tourisme du grand sud, 450 tours-opérateurs venus de 38 pays, ont « fait leur marché » pour les saisons d'été et d'hiver de l'an prochain dans les cinq régions du sud de la France (PACA, Corse, Aquitaine, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon). A elles seules, ces régions représentent près de la moitié du marché touristique français. Deuxième destination touristique de France après Paris, avec 8 millions de visiteurs étrangers, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) en absorbe elle-même près de 25%. Selon les professionnels français et étrangers interrogés, les carnets de commandes se sont vite remplis au fil des quelque sept mille rendez-vous organisés en deux jours. Si l'on en croit le comité régional de tourisme, les chiffres records de 1997 devraient être battus en PACA, dépassant les 42 milliards de francs et les 240 millions de nuités (contre 450 millions pour les 26 départements du grand sud).
OFFRE DIVERSIFIÉE
L'offre se diversifie avec un intérêt grandissant des voyagistes étrangers pour l'arrière-pays, les circuits centrés sur la culture, le patrimoine, les produits du terroir, la randonnée pédestre ou à vélo, la petite hôtellerie. « Il n'y a pas de lieux saturés dans notre région, à l'exception peut-être de certains sites mondialement connus comme Saint-Tropez au plus fort de la saison », remarque Patrick Mennucci, président du comité régional de tourisme.« On peut donc miser sur un développement du tourisme à peu près partout et chercher à désaisonnaliser, notamment dans les Alpes du Sud promises à un fort développement ». La région PACA a d'ailleurs accru pour 1999 de près de 50 % son budget de promotion touristique, avec notamment l'organisation d'événements pour l'an 2000 comme les Rencontres européennes des villes d'art et de culture qui se tiendront à Aix-en-Provence.
100 000 EMPLOIS
La demande aussi évolue avec l'apparition d'un tourisme individuel et familial en provenance du Japon, qui a dépêché à Arles ses principaux tours-opérateurs. Pour les groupes venus d'Asie, le relais sera de plus en plus pris par les Chinois (280 000 visiteurs en France l'an dernier), présents avec six agences et organisations de voyages venues de Pékin. « Dans une région comme la nôtre, observe Patrick Mennucci, le tourisme représente quelque 100 000 emplois et quand on sait que les experts prédisent un doublement du nombre de voyages touristiques en dix ans dans le monde, il est de notre devoir d'attirer cette manne ». Pour Gérard Pelisson, cofondateur du groupe hôtelier Accor, « nous avons en France et notamment en Provence, qui est l'une des plus belles régions du monde, des décennies de progrès devant nous et des perspectives solides de création d'emplois, à condition que l'offre s'adapte à la demande mondiale et que les collectivités locales assurent les infrastructures nécessaires aux investissements du tourisme ».











