Takfarinas, star de la chanson kabyle.
Né sur les hauteurs d'Alger dans une famille de musiciens, Hacène Zermani, alias Takfarinas, a grandi, comme tous les enfants de l'Algérie indépendante, entre la culture de ses parents et les influences occidentales. D'un côté, le chaâbi, la tradition de la poésie et du chant kabyles (qu'il rebaptise « yal music»); de l'autre, les multiples avatars de la musique populaire américaine. Célèbre pour son mandol à deux manches, qu'il a baptisé « takfa », doté d'une voix chaude, multipliant les rythmes inépuisables, Takfarinas a enflammé le Maghreb en 1986 avec un premier tube, « Way Thelha » («Qu'elle est belle»). Devenu une star dans son pays, Takfarinas s'est vu contraint à l'exil par la crise politique. Mais son succès s'est depuis longtemps étendu à la communauté algérienne de France (Takfarinas s'est produit à l'Olympia dès 1987). Et la popularité actuelle des stars du raï, qui dépasse désormais ici les frontières de la seule population immigrée, devrait aussi profiter à Takfarinas qui, tout en intégrant toujours d'autres influences, continue de défendre une tradition musicale kabyle adaptée au goût du jour, comme en témoigne « Yal », son nouvel album.
En concert vendredi 23 avril à la Laiterie de Strasbourg.
Takfarinas, héraut de la « yal music ».
(D.R.)











