Dimanche 11 avril 1999

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Développements

Mannerchor et folklore

En arrivant dans la ville de Frutillar, au bord du lac Llanquihue comme mystiquement survolé par le volcan Osorno, j'ai vu une banderole annonçant un concert, le soir même, de la Mannerchor, et du folklore chilien. Ce fut un grand moment. Les "r" dans "Keine Angst, Rosa Maria" sonnaient un peu haut en bouche, mais le cœur y était. Dans la chorale, presque aucun ne parle allemand, et quatre seulement sont d'origine allemande, mais ils ont le costume...et l'on y croit!

 

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150 ans après

Dans les années 1845-50, alors qu'il régnait une grande pauvreté dans certaines régions prussiennes, le Chili a "offert" de donner des terres à des immigrants allemands, des terres inhabitées, non défrichées, des forêts vierges...


Frutillar est une ville balnéaire grâce au lac Llanquihue, avec beaucoup de descendants de Prussiens. (Photos L.S.)

Sont alors venus en masse ces gens -de gré ou de force- pour la plupart des artisans et paysans. Certains sont morts en mer. Ceux qui arrivèrent trouvèrent leurs immenses terres qui s'étendaient "du lac à là-haut". Ils ont donc commencé à défricher, coupant beaucoup d'arbres. Leurs maisons et mobilier, furent essentiellement fait de bois. Loin de toute culture locale, isolés sur leurs
terres, ils restèrent entre Prussiens, gardèrent leurs coutumes, leur religion, leur langue. Même aujourd'hui, l'insertion de leurs descendants n'est pas terminée : longtemps les mariages entre les "noirs" chiliens et les "blonds allemands" furent impossibles.
Maintenant, c'est davantage accepté, mais il règne toujours une certaine ségrégation, et il est rare de voir une femme brune sur une affiche publicitaire.Cela va malheureusement plus loin, avec l'enseignement : au Chili, si l'on ne va pas à l'Université, on est rien. Or, il est très difficile d'y entrer. Très souvent, seuls ceux qui ont pu se payer une école privée y arrivent (écoles allemandes en général très bonnes). La sélection se trouve ici: les indios n'ont aucune chance de rentrer dans ces écoles... donc à l'université.
Ces informations m'ont été données par Marie-Claude, professeur de français a l'Alliance Française d'Osorno. Son mari est allemand, et chante dans la chorale "Mannerchor". (lire ci-contre).

 


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