Mercredi 7 avril 1999

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Depardieu est lâché pour Berling dans «Un pont entre deux rives». De chaque côté de la caméra, l'acteur est omniprésent.


Ce film signé Depardieu met en scène une séduisante Carole Bouquet. (Photos Richard Melloul)

Boulimique de l'écran, Gérard Depardieu a trouvé le moyen de réaliser lui-même, avec Frédéric Auburtin, «Un pont entre deux rives», l'histoire d'une Emma Bovary des années 60. Ce pont entre deux rives est celui de Tancarville dont la construction va bouleverser la vie étriquée que mène Mina (Carole Bouquet) à Yvetot aux côtés de Georges (Depardieu), son mari, et de Tommy (Stanislas Crevillen), son fils adolescent.
Pendant que Georges joue aux cartes le dimanche avec ses copains, Mina oublie l'ennui de sa modeste vie quotidienne dans la salle obscure du Royal en rêvant devant «Jules et Jim». C'est là qu'un jour, elle s'assoit à côté d'un inconnu.
La même émotion, les mêmes pleurs les rapprochent et Mina fait la connaissance de Matthias (Charles Berling), un ingénieur venu pour la construction du pont. Quelle n'est pas sa gêne lorsqu'elle le retrouve chez les Daboval, une famille bourgeoise où elle fait le ménage et sert à table pour arrondir les fins de mois.
Georges, dont la petite entreprise a fait faillite, est embauché comme chef de chantier sur le pont et part vivre dans un baraquement pendant toute la semaine. Son absence, l'attraction réciproque de Matthias et Mina entraînent l'inévitable.

Avec ses pimpantes robes à fleurs, son air rêveur et sa fraîcheur de jeune femme qui n'a pas renoncé au prince charmant, Carole Bouquet fait une convaincante Mina-Emma. Berling en séducteur paraît un peu falot face à la forte présence de Depardieu et on peut se demander si une inversion des rôles n'eut pas donné plus de crédibilité à ce classique triangle amoureux.
Pourtant, Depardieu, homme simple, blessé tout à coup par la découverte de son infortune, devient fragile et bouleversant avec une extrême économie de moyens, et il donne à Georges, cet ouvrier assez rustre, une grande dignité dans la souffrance et la douleur muette.Le roman éponyme d'Alain Leblanc, écrit du point de vue de Tommy, l'adolescent partagé entre sa fascination pour Matthias et son affection pour son père, se déroulait à la fin des années 50 et se concluait sur une note plus dramatique. L'action a été légèrement décalée, en 1962, pour placer le film sous le signe de François Truffaut et de «Jules et Jim», le cinéma jouant un rôle-clé dans le destin de Mina...

P.L.C.


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  • L'interview (bidon) de notre Gégé national par Samuel Beckett
  • L'interview (authentique) du (faux) comte de Monte Cristo


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  • Gérard Depardieu
    c/o Artmedia
    10 avenue George V
    75008 Paris
    France

 

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