Dimanche 28 mars 1999

barre de navigation


Développements

  • Pinochet:
    le pays divisé

Sur les murs des villes chiliennes se bataillent les phrases comme : "Pinochet,
assassin, en prison", ou "Pinochet, libérateur, les socialistes ruinent le pays".
On m'a conseillé de ne pas aborder le sujet la première lors de
conversations avec les Chiliens, et je ne peux qu'approuver l'idée qui dit que le pays est équitablement divisé entre pro et anti Pinochet. Ces temps-ci le sujet est plus que sensible.


Sur le Web

Pour se faire une opinion, un dossier Yahoo sur "L'affaire Pinochet"

Un site sympa pour préparer son voyage en Patagonie


Dans nos archives

 

Nos précédents dossiers

Le vent du Chili

"Je suis arrivée à Provenir, ma première ville chilienne, et dernière de la Terre de feu avant de franchir le Detroit de Magellan pour le continent". Laetitia Saarbach, notre correspondante itinérante partie de Habsheim rencontre le vent.


On pourrait presque passer à côté de la "Valle Francia" et le "Glaciar Grey"  si l'on se focalisait sur ce maudit vent.


Provenir est une jolie petite ville, bien qu'il ne soit pas très agréable
de voir des militaires à chaque coin de rue. La ville n'étant qu'un
quadrillage parfait, le nombre d'hommes armés est donc impressionnant! C'est l'apprentissage du Chili : les militaires, les "carabiniers" (policiers) font partie du paysage et affiche une fierté parfois trop grande.
Où que l'on aille, même pour prendre un bus dans le désert, une entrée au Parc Santa Lucia a Santiago, il faut inscrire son nom et son numéro de passeport. J'ai cette impression bizarre que l'on peut me suivre à la trace... Ensuite, j'ai vraiment joué au touriste : je suis passée par l'immanquable parc national Torres del Paine. Je n'aurais pas la prétention d'apporter un autre témoignage que celui des milliers de touristes qui font le "W" (parcours "facile", se transformant parfois en autoroute), mais je peux confirmer les écrits de Bruce
Chatwin à propos de la Patagonie : le vent est l'élément le plus marquant de la région. Ce vent qui fait le Sud, ce vent qui transforme le ciel en cirque et qui me fait tituber dans les vallées des Torres, ne me laissant pas un moment de paix...Impossible de lui échapper, impossible de se cacher, il est la, il décoiffe, il hurle, oui, il hurle surtout!
Pas un moment de silence. Éventuellement la nuit si l'on arrive à
s'endormir. Mais le jour!... Et puis parfois, il se tait. Alors à nous les impressionnantes "tours" (Torres), exploit rêvé pour les grimpeurs, ces collines qui ressemblent à des carapaces de tortue comme dans "L'Histoire sans Fin", et les nuits étoilées où se révèlent pour la première fois aux yeux des habitants de l'hémisphère Nord, la Croix du Sud, et les deux Galaxies de Magellan.
Entre cette extrême pointe sud du Chili, et ce qu'il est convenu
d'appeler le sud, 2000 km plus au nord, il n'existe pas de route : il
faut donc passer par l'Argentine (cette fameuse Ruta 3 qui longe l'Atlantique), où bien s'embarquer sur un ferry, ou un avion.Volons donc jusqu'a la ville de Puerto Montt, au nord de laquelle commence la région des lacs.


Développements

  • Rio Grande:
    ville sinistre

Quand je suis partie d'Ushuaia, les montagnes étaient un peu floues. Le camion m'a déposé dans la ville la plus sinistrée que je n'ai jamais visitée. Je ne souhaite à personne de rester coincé à Rio Grande. Cette ville n'a rien -RIEN- pour elle. Même pas un petit endroit agréable. Consciente de sa laideur, la pauvre s'est affublée du plus pathétique des records : "Rio Grande, la ville la plus illuminée du Monde!"
Effectivement, le long de l'avenue longeant la mer, d'horribles
lampadaires lunaires rivalisent de mauvais goût avec de pseudo
sculptures géométriques.
C'est la ville par laquelle il ne faut pas passer. Conseil aux auto-stoppeurs : n'acceptez pas de "lift" jusqu'à Rio Grande. Mais quand finalement un camion s'est arrêté, et qu'il ne restait de la
ville qu'un froid souvenir, la beauté de la Terre de Feu s'est à nouveau imposée : les nuages étaient tellement bas qu'il me semblait qu'en sautant je pouvais les toucher. Comme d'énormes barbe à papa, qui prennent une teinte foncée au-dessus de l'Atlantique quand une mouette joue avec le vent, reflètent un rayon de soleil...

barre de navigation