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(Photos AFP)

Voici la sixième carte postale de Londres envoyée par
Valérie Herczeg. Cette française de Londres a commencé dans le métier de journaliste
comme correspondante à... Benfeld, avant d'entreprendre (et de réussir) des études
journalistiques dans la ville de la reine Elizabeth, des bus rouges, du pudding et des
Clash.
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...ICI LONDRES....
Champions du monde...
L'Angleterre vous fascine, c'est un fait. Ce que vous ignorez, c'est
combien cette passion est partagée. Des siècles à se regarder en chiens de faïence, à
se chamailler pour mieux se réconcilier, ça crée forcément quelques affinités. Et
pendant que vous fantasmez sur les Spice Girls, les tenues Galliano, les pubs et le
Londres branché, les Anglais en profitent pour vous imiter.
On connaissait les hordes de touristes estampillés "GB" qui déferlaient sur
Val d'Isère, la Dordogne ou la Vendée (prononcer "Vendi") et ceux qui ne
cessent de dévaliser les supermarchés de Calais. Désormais, même le swinging London
n'a plus d'yeux que pour vous. Pas un panneau publicitaire où la France ne dévoile des
charmes à portée d'Eurostar ("Comme par enchantement, Paris est arrivé"), pas
une briocherie qui ne soit assiégée à chaque heure de la journée. Oubliés les
corn-flakes, le bacon et les oeufs frits au profit des "Penno-tchoklâ" et au
"Houaizine" qui s'arrachent dès potron-minet en gare de Waterloo (quelle
revanche, tout de même!).
Pas moyen non plus d'ouvrir un journal sans qu'on parle de vous. La télé? De Caunes et
Distel ne sont plus (heureusement) les seuls
ambassadeurs du charme made-in-France. Jusqu'à la pub qui s'en est emparée. "La
taille, c'est important," susurre une pulpeuse créature à l'accent sur mesure pour
vanter les mérites de la petite qui, chez nous, "a tout d'une grande" (!) Le
tout pendant qu'une marque de café français fait un tabac et que le fondant sensuel
d'une tranche de bleu met les chaumières en émoi.
Le brie et le camembert sont en passe de détrôner le cheddar, la
"fondoue" n'a plus de secret et le fromage à raclette fait une entrée
remarquée - à se demander ce qu'il va bien falloir inventer! Je ne vous parle pas de la
Provence, que Peter Mayle a rendue à jamais chère au cur des Anglais: pas besoin
de se décarcasser - ici, le succès est assuré.
Flatteur, cet intérêt? Il ne faudrait pas trop s'y fier. Car au moindre
faux-pas, croyez-moi, on ne vous ratera pas. Les Anglais aiment bien se payer votre fiole
et il faut bien avouer qu'ils ont parfois raison.Perfide, Albion? Peut-être, mais c'est
comme ça qu'on l'aime, non?
Valérie HERCZEG |

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