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(Photos AFP)

Voici la cinquième carte postale de Londres envoyée par
Valérie Herczeg. Cette française de Londres a commencé dans le métier de journaliste
comme correspondante à... Benfeld, avant d'entreprendre (et de réussir) des études
journalistiques dans la ville de la reine Elizabeth, des bus rouges, du pudding et des
Clash.
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...ICI LONDRES....
Frenchy but chic?
Londres, vous en rêviez. L'allure fringante, le Burberry sous le bras -
ça fait couleur locale - vous posez un pied conquérant sur le sol
anglais. Le métro, le bus, les taxis, vous maîtrisez. Les bonnes adresses, les affaires,
les coins sympas, vous connaissez. En bons Français, on ne vous la fait pas. Incognito,
quoi...
Que vous croyez. Car on vous voit venir, et de loin. Pas plutôt sortis de l'Eurostar, un
je ne sais quoi dans votre façon de vous habiller (Burberry ou pas) vous fait tout de
suite repérer. C'est vrai que vous avez du chien sans le faire exprès.
Pas besoin d'ouvrir la bouche pour qu'on sache d'où vous venez.
Pourtant, vous ne vous en privez jamais: "Géraaard, tu peux porter la valoche?
J'trouve plus les travelaires". Pas de risque de vous rater. Surtout pas quand,
façon Grande Vadrouille, vous vous dissimulez derrière votre plus bel anglais:
"Izit ze train to Reading?"
Pleins d'enthousiasme et de bonne volonté, vous avez décidé de vous fondre dans la
masse, de ne pas vous singulariser. Sauf qu'il ne vous faut jamais bien longtemps pour
trouver que la nourriture est fade, la vie chère, les transports pas fiables... et pour
râler. Chassez le naturel, vous connaissez le reste.
COMMENT RESISTER?
Le flegme britannique, trop peu pour vous. Les files d'attente, c'est
génétique, vous ne supportez pas. La patience? Vous ne connaissez pas. Et puis,
comment résister à une occasion de gruger? Que l'on soit de passage ou en séjour longue
durée, ces atavismes nous trahissent. Même la brique qui vous avait tant séduits, vous
commencez à trouver ça tristounet ("Paris, c'est quand même plus joli").
Bref, vous êtes mûrs pour rentrer même si, bien sûr, vous ne l'avouerez jamais.
Londres, c'est GE-NIAL, dites-vous, secrètement soulagés de le quitter. Dans l'Eurostar
du retour, vous vous laissez aller. Quitte à faire l'impasse sur le breakfast anglais,
vous craquez pour un jambon-beurre-cornichons. A moins que vous ne préfériez oeufs durs
et saucisson, avec une lichette de rouge pour vous changer du thé. Mais, promis-juré,
vous reviendrez. Et c'est tant mieux: vous allez me manquer.
Valérie HERCZEG |

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