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Voici la quatrième carte postale de Londres envoyée par
Valérie Herczeg. Cette française de Londres a commencé dans le métier de journaliste
comme correspondante à... Benfeld, avant d'entreprendre (et de réussir) des études
journalistiques dans la ville de la reine Elizabeth, des bus rouges, du pudding et des
Clash.
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...ICI LONDRES....
Politiquement correct
Je vous parlais des scandales et démissions qui font les beaux jours des
médias britanniques et d'un public jamais rassasié de frissons à bon marché. Eh bien,
ça n'a pas traîné (enfin façon de parler, la nouvelle date d'une quinzaine de jours):
une nouvelle tête vient de tomber. Cette fois, c'est Glenn Hoddle, le sélectionneur de
l'équipe
d'Angleterre (de football, pour les profanes) qui tire sa révérence.
Non pas à cause d'une maîtresse trop bavarde mais d'une opinion
exprimée avec autant d'imprudence que de naïveté ... sur la réincarnation et
l'expiation des péchés. Démentis, excuses, explications ... rien n'y a fait. C'est vrai
que la réflexion de Glenn Hoddle sur les handicapés était malheureuse, pour ne pas dire
farfelue. Mais depuis quand exige-t-on d'un sportif qu'il ait
la carrure d'un prix Nobel ... et inversement? (Tant mieux si
c'est le cas, surtout ne vous méprenez pas!). Qui n'a jamais, de
sa vie, sorti une ânerie? Et qui n'a pas, dans son répertoire
personnel, un ou deux points de vue qu'il n'aimerait pas voir
publiés? Sûr que si on démissionnait à chaque fois, le marché de
l'emploi serait moins engorgé.
Seulement voilà: le politiquement correct, concept aussi anglo-saxon que le pudding ou le
cricket, prend le pas sur des notions démodées telles que la tolérance, le pardon et
l'indulgence. Bref, sur notre bon vieux "vivre et laisser vivre", quoi.
On se demande, dans ces conditions, pourquoi les médias s'obstinent à faire parler
acteurs, sportifs, chanteurs, dont la célébrité ne leur donne pas forcément un avis
éclairé sur tous les sujets. Ca attire le chaland, c'est vrai, mais il ne faudrait quand
même pas tout mélanger. Entre le Watergate et le Camillagate, il y a un pas: celui qui
sépare l'information de l'indiscrétion. Et si pour nous, Français, le droit à la vie
privée reste (encore) sacré, le journalisme à l'anglo-saxonne a bien changé.
Décidément, Fleet Street, ce n'est plus ce que c'était.
Valérie HERCZEG
P.S: Pour la morale de cette histoire rappelons la
cinglante défaite de l'Angleterre contre la France à Wembley. Glenn Hoddle a
certainement bien rigolé... Et un et deux zéro! |

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