Le Français, plus ambitieux que jamais, veut jouer le premier rôle dans le championnat du monde 250 cc. Le pilote, qui a rejoint Yamaha à l'intersaison, est d'autant plus confiant qu'il se dit ravi de sa 250 YZR.
OLIVIER JACQUE avait l'air plutôt détendu, jeudi dernier dans les salons du sélect Yacht Club de Monaco, où était organisée la présentation officielle du team Tech 3 en vue du championnat du monde 250 cc.
De notre envoyée spéciale
Le Lorrain originaire de Villerupt se montrait en effet plutôt satisfait des récents essais effectués au guidon de sa 250 YZR en Australie, sur le circuit de Phillip Island du 26 au 29 janvier, puis en Malaisie, sur le nouveau tracé de Sepang du 2 au 5 février, au cours desquels il a, à chaque fois, réalisé d'excellents chronos.« Au départ, j'étais un peu anxieux à l'idée de monter sur cette nouvelle moto, entre autres parce qu'elle me semblait un peu petite et moyennement performante, mais je me suis vite rendu compte que je n'avais aucune raison de m'inquiéter parce que je me sens très à l'aise, comme dans un fauteuil, ce qui est primordial, précise l'intéressé qui à l'intersaison a quitté Honda pour rejoindre Yamaha. J'ai ainsi pu progresser à chaque sortie. Je n'ai pas encore gagné le titre mondial mais je suis déjà sur la bonne voie : c'est la première fois que j'ai, d'emblée, de si bonnes sensations.» A 25 ans, le pilote ne manque pas d'ambition. D'autant qu'il veut effacer une saison 98 - ponctuée par une cinquième place finale - qui ne l'a pas épargné et qui lui laisse de nombreux regrets. Entre les chutes et les blessures, sans oublier une moto moins performante que prévu, celui qui faisait partie des principaux favoris pour la victoire s'est rapidement retrouvé hors course malgré une fin de saison encourageante avec une troisième place en Australie et une deuxième en Argentine. « Cette saison a été très dure mais aussi très riche parce qu'elle m'a appris qu'il ne fallait jamais baisser les bras, remarque Olivier Jacque. Tout a été tellement difficile que maintenant tout me paraît facile. Il ne peut m'arriver que de bonnes choses. J'avais l'impression d'avoir perdu un peu de mes qualités de pilotage mais je crois finalement qu'il n'en est rien parce que jusqu'à présent tout passe comme une lettre à la poste.»
« DES PODIUMS ET DES VICTOIRES »
Le protégé d'Hervé Poncharal, patron du team Tech 3, sait par ailleurs qu'il peut compter sur un nouveau coéquipier qui malgré son jeune âge - 21 ans - ne manque pas d'expérience. Le Japonais Shinya Nakano, champion du Japon en 250 cc, connaît en effet parfaitement la 250 YZR.« Je suis persuadé que Shinya va beaucoup m'apporter et m'aider à progresser rapidement. Il peut aller très vite et je pense que nous allons parfois nous retrouver en concurrence et que notre team manager va se faire des cheveux blancs!», s'amuse Olivier Jacque. Les deux pilotes, qui seront traités sur un pied d'égalité, auront fort à faire face à la concurrence. A commencer par leurs adversaires de l'armada Aprilia, qui reste la référence en 250 cc, Valentino Rossi, Ralf Waldmann, qui signe son retour dans cette catégorie après un rapide passage en 500 cc, et Marcello Lucchi. « Nous nous sommes vus en Malaisie. Ils ont eu tendance à nous éviter, ils nous craignent sans doute quand même un peu, confie le Français, que le retour de l'Allemand laisse de marbre. « Waldmann a été plutôt décevant lors des essais mais il faut se méfier de ce vieux briscard généralement très régulier et capable d'enlever un titre mondial sans gagner une seule course!» Olivier Jacque, troisième du championnat du monde 96, ne cache pas qu'il vise « des podiums et des victoires, comme au bon vieux temps », et affirme en souriant qu'il dispose peut-être « d'une moto de champion du monde ». Tout en se montrant prudent : « Il ne faut pas que nous nous focalisions sur les essais que nous venons de faire. Il faut attendre ceux de Jerez pour en savoir un peu plus sur le potentiel de la moto ». Il est confiant, d'autant que sa cheville droite, fracturée lors des essais du Grand Prix d'Italie, ne le fait plus autant souffrir qu'auparavant - ce qui ne l'empêche toutefois pas d'envisager une opération avant le premier Grand Prix, celui de Malaisie, le 18 avril prochain - et qu'il se sent physiquement dans le coup : « J'ai laissé tomber mes béquilles juste avant de prendre l'avion pour l'Australie. Je ne suis pas encore à 100 % de mes moyens mais je me sens bien ».
Olivier Jacque, qui n'a pas l'intention de rester longtemps les bras croisés, part à la conquête du titre mondial au guidon de sa 250 YZR.
(DR)











