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Laetita nous avait déjà écrit le 16 janvier dernier
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Des Français à la voile

Sur le pont du "Club Nautico", quasiment tous les bateaux sont
des voiliers français.Il y a Popof qui s'est installe a Ushuaia il y a dix ans, Alex, sur
son "Croix Saint Paul II", tous ces voiliers qui font du charter, et puis il y a
ceux qui passent.
Claude "passe" avec son "Viens-tu?" pour la deuxième fois. Quand il
me parle d'eau, c'est bien sur avec les mots d'un voileux, l'eau couplée au vent, qui
représente le TOUT.
Mais qu'ai-je besoin de venir à Ushuaia pour entendre cela? Alors quel besoin ont ces
voileux de venir ici?
Eh bien dans ces questions-mêmes se trouve la réponse au
problème du rapport eau/homme : l'eau est un LIEU. A partir de cette découverte, les
discussions vont s'envoler, ou plutôt
s'embarquer pour l'Antarctique...
Pour Popof et Eric (l'équipier de "Croix Saint Paul II"), le fait le plus
marquant est d'abord le mariage entre la mer et la montagne, mariage peu fréquent...La
magie, le rêve, ces cadeaux du ciel.
Marine, de "Viens-tu?", ajoute que "ce qu'(elle) aime ici, c'est que
l'homme n'a pas encore réussi à dompter la nature". Eric voile ses yeux bleus-gris
et dit: "l'Antarctique est une aquarelle, une autre planète, on a l'impression
d'être dans un ovni, d'être sur la
lune. C'est comme lorsqu'on regarde la lune avec un télescope."
Ainsi, nous retrouvons Claude qui, en fermant les yeux,
comme s'il revivait ces moments, avoue que l'Antarctique oblige l'homme à être modeste.
"Même les grandes gueules, quand elles se retrouvent face à un coup de vent,
deviennent toutes petites!...C'est au bar, devant un
whisky qu'on va les entendre!"
Il doit y avoir cette symbiose entre l'homme et l'eau pour préserver le bateau, le
voileux est obligé d'être à l'écoute de l'élément. "Car ici, comme le rappelle
Popof, on n'a pas droit a l'erreur". "On est tout petit face à la glace",
renchérit Eric. Et puis personne ne viendra nous chercher en cas de pépin.
Or ici, tout est plus "soudain". Quand Claude
referme les yeux pour me décrire son expérience de l'Antarctique, il dit
"eau...glace...lumière...roche..", bref: décor.Et puis la faune bien sûr: les
manchots, les phoques, les baleines, les oiseaux...
Et l'histoire.
L'histoire est peut-être la première motivation de ces voileux. Avant de venir, ils ne
connaissaient pas forcement la magie du lieu, mais ils connaissaient l'histoire des
navigateurs.
Cette partie de monde n'a été découverte que récemment. Il y a tous ces grands
explorateurs, navigateurs, et tous ces lieus qui portent leurs noms.
C'est en lisant un magazine "Voiles et Voiliers" en 1992, que Claude a réalisé
que l'Antarctique était possible... Le projet de Claude est de faire le tour du monde par
les trois caps, son désir est d'amener ses amis avec lui, d'ou le nom de son bateau,
"Viens-tu?".
Et Claude m'a dit: "Viens-tu?". Et je réponds: "je viens!".

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