
Développements
Un cadeau
de la nature
La Terre de Feu est cette partie au Sud de la Patagonie appelée
Patagonie Australe. Elle se divise politiquement entre le Chili et l'Argentine, et
géographiquement en deux zones : la zone andine au sud (c'est la Cordillère) et
extra-andine au nord et au centre, qui représente le plateau patagonique. Ce plateau est
donc divisé par l'extrémité de la cordillère qui le parcourt d'Est en Ouest.
Les fleuves naissent dans la cordillère et vont se jeter dans l'Atlantique, le Canal
Beagle ou le détroit de Magellan.Dans le nord, ils sont petits et lents, à l'exception
du Rio Grande
(220km du Chili a l'Argentine), alors que, dans le sud, il y a des centaines de cours
d'eau depuis les tout petits jusqu'aux torrentiels. Ils naissent dans les hauts sommets de
neige et de glace, et donnent des chutes et cascades.
C'est d'ailleurs un véritable cadeau de la nature quand on arrive dans cette zone: alors
que pendant des heures et des jours le paysage n'était que jaunes steppes légèrement
ondulées, tout d'un coup, comme un miracle, jaillissent forêts vertes aux
"lenga" magnifiques (c'est l'arbre
le plus répandu ici, typique de la foret fuégienne, de la famille du hêtre), les
montagnes aux roches sculptées, les lacs multicolores... Et puis l'on arrive à Ushuaia,
"la ciudad del fin del Mundo", au bord du Canal Beagle. S'ouvre alors la porte
d'un autre paysage... l'Antarctique.
Laetita nous avait déjà écrit le 16 janvier dernier
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Laetitia en Terre de Feu
Laetitia Saarbach, notre correspondante itinérante au bout du
monde, nous a envoyé des nouvelles d'Ushuaia. L'occasion de découvrir, avec ses textes
et ses photos, des paysages, des sociétés, des hommes et des femmes...

Ushuaia, n'est pas une belle ville. Passée l'excitation des premiers
moments, il faut bien le reconnaître. Une ville désordonnée, hétérogène, anarchique.
Au début, c'était un tout petit village, bien sûr. Il y a dix ans, tout le monde se
connaissait encore. Et puis les gens sont
arrivés, pour faire de l'argent pour la plupart. Il est vrai que par rapport au reste de
l'Argentine, la vie est un peu plus chère, mais devient vite plus rentable, pour qui sait
se débrouiller. Du coup, les maisons ont poussées comme des champignons, partout, sans
règle, et souvent sans charme.Le centre ressemble à une station de ski, les prix aussi!
Et, pourtant, cet endroit est magique. Il faut dépasser cette première déception, et
alors se révèle à nous toute la beauté de la ville du bout du monde: c'est d'un côté
la montagne, le Mont Olivia, le parc national, la forêt...Et de l'autre côté, le
Beagle, la mer, l'Antarctique... C'est prendre la petite route qui mène à Harberton,
c'est longer le Beagle un jour de grand vent (ce qui n'est pas difficile), c'est aller sur
l'île Redonda entre Argentine et Chili...
Bref, c'est jouir de la nature et
l'avaler gloutonnement. Voir les arbres dessinés par le vent, les barrages des castors
offrant un paysage désolé mais enivrant, les lacs gris-turquoise truffés de minéraux
des glaciers, les étendues rouges de tourbe, et voir l'eau, sentir l'eau, naviguer sur
l'eau...Quand il n'y a pas de vent, le Beagle reflète ses nombreux bateaux : carcasses de
bateaux de pêche, bateaux de tourisme, bateaux scientifiques de retour de l'Antarctique,
bateaux de l'armée (obligatoire dans le coin!), et surtout bateaux "à voile".
Ainsi, en
synthétisant toutes ces informations et ses sentiments, il apparaît que les gens (et moi
la première) ont des idées bien fausses sur Ushuaia et sur la Terre de Feu. Il ne pleut
pas tous les jours, les maisons ne sont pas construites pour résister à la pluie
battante ou à la neige, et puis il ne neige presque pas ici.
Ushuaia s'étend de la pente de la montagne jusqu'au Canal Beagle, les
inondations sont donc
impossibles. Il y fait certes plus froid qu'à Buenos Aires, mais en hiver
(juillet-août), il fait certainement moins froid qu'en Alsace. |