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Voici la troisième carte postale de Londres envoyée par
Valérie Herczeg. Cette française de Londres a commencé dans le métier de journaliste
comme correspondante à... Benfeld, avant d'entreprendre (et de réussir) des études
journalistiques dans la ville de la reine Elizabeth, des bus rouges, du pudding et des
Clash.
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...ICI LONDRES....
Tant qu'il y aura des Français
Puisque vous avez quand même décidé de venir passer vos vacances de
février à Londres (lire la carte postale de vendredi dernier), je dois vous prévenir de
certains particularismes locaux en ce qui concerne les rapports amoureux. Même si vous
êtes officiellement à Londres pour travailler votre accent...
Les Anglais m'étonnent. On connaissait les scandales étalés sur la
place publique, les démissions en catastrophe, les confessions, les vies qui n'ont plus
de privé que le nom... Aujourd'hui, c'est un mariage arrangé qui éclipse jusqu'aux
fiançailles du prince Edouard (bigre, c'est vrai qu'on commençait à s'inquiéter!) et
fait les gros titres de la presse à sensation. Et pour cause: les protagonistes, qui ne
s'étaient jamais rencontrés avant le D-day, se sont "gagnés" sur les ondes,
dans un concours organisé à grand renfort de publicité... Choquant? Sans doute. Mais
pas tellement surprenant, dans un pays où la séduction n'est pas de mise et où l'on ne
s'embarrasse guère de préliminaires.
Ici, on ne flirte que dans les pubs ou les soirées, dans l'espoir de "conclure"
vite fait bien fait. Pas de compliments spontanés, pas de
regards approbateurs qui vous mettent de bonne humeur et encore moins d'inconnus qui vous
offrent des fleurs (en France, c'est pas tous les jours non plus, vous me direz).
Si les Anglais ont l'air de saupoudrer de bromure leurs cornflakes du petit-déjeuner,
c'est que les Anglaises ne supportent pas
d'être regardées. Bizarre, quand on affectionne à ce point mini-jupes, talons aiguilles
et décolletés. Mais rien n'est gratuit pour
les sujets de sa Majesté: on mange par nécessité, on boit pour s'enivrer, on se fait du
gringue pour... vous me suivez? Il y a un
temps pour tout et tant pis pour la spontanéité.
Bref, les Anglais n'ont rien compris. Et ce, même si le "way of life" français
fait rêver et si l'on s'efforce, sans jamais l'avouer, de nous imiter. Nous, of course,
ça nous fait rigoler. Mais à l'heure où un faux puritanisme cache de vrais excès,
mieux vaut
rester vigilants - des fois qu'on se mettrait dans l'idée de vouloir leur ressembler.
Valérie HERCZEG
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