
Après le carnet de route
d'Argentine et de Patagonie de Laetitia Saarbach, le site Internet de
"L'Alsace" publie aujourd'hui une carte postale de Londres envoyée par Valérie
Herczeg. Cette jeune fille n'est plus une inconnue pour les lecteurs de
"L'Alsace" de Sélestat. Valérie commença dans le métier de journaliste comme
correspondante à... Benfeld, avant d'entreprendre (et de réussir) des études
journalistiques dans la ville de la reine Elizabeth, des bus rouges, du pudding et des
Clash. Embauchée depuis quelques semaines au magazine Agrow, elle retrouve ses premiers
amours plumistiques et accepte de tenir sur notre site une chronique sur Londres,
l'Angleterre, ses habitants et plus si affinité. Quelques liens vous permettront de
préparer un voyage à Londres. Sinon écrivez directement à Valérie: elle se fera un plaisir de vous
répondre.

|

...ICI LONDRES....
Les pépins dans le pétrin
Les Anglais ne sont plus ce qu'ils étaient. Ces insulaires,
qui avaient su conserver leurs particularités et résister à toutes les invasions,
s'inclinent devant celle, insidieuse et foudroyante, de technologies nouvelles venues
d'ailleurs. A l'heure où le britannique Vodafone se hisse au premier rang mondial du
téléphone cellulaire, les portables fleurissent à tous les coins de rue et le parapluie
n'est plus désormais l'accessoire indispensable des sobres costumes rayés. Si la ruche
bourdonne toujours, c'est aujourd'hui de sonneries. Détrôné donc, le pépin, au profit
du sacro-saint portable dont on finirait (presque) par se demander comment on a bien pu
s'en passer.
Qu'est-il donc advenu de la pudeur, de la réserve et de la discrétion britanniques? A
entendre les monologues de certains enragés du combiné, la question se pose. Pas même
besoin de tendre l'oreille pour apprendre, à son corps défendant, que Chris trompe Laura
ou de découvrir la dernière gaffe de Smith, de la compta. Difficile de ne pas se sentir
agressé, ni d'ailleurs de plaindre le malheureux et sa bourde satellisée.
Le phénomène, hélas, n'épargne personne. "Hello," chevrote le papy.
"I'm in the bus. Comment? In the BUS!" Il y a pire: depuis peu, le portable se
fait discret. Relié à l'oreille par un écouteur, style baladeur, il donne à son
propriétaire l'air de radoter - et à ses voisins quelques raisons de s'alarmer.
Autant pour ceux qui croyaient que l'esbroufe, c'était pour les Français. Le vent de la
mondialisation souffle sur les Iles Britanniques. L'Anglais est en train de changer. Et
dire qu'il n'y aura bientôt plus que quelques étrangers comme moi pour s'en offusquer.
Valérie HERCZEG
|

Londres sur le Web
|