L'élément liquide a attiré Laetitia Saarbach comme un aimant. Elle a terminé ses études de cinéma et pris la tangente. Une aventure qui commence en Patagonie, terre d'eau et de feu.
DEPUIS l'âge de quinze ans, Laetitia Saarbach, une jeune Alsacienne de Habsheim, dans la périphérie mulhousienne, rêve de cinéma. Elle a donc entrepris des études liées au septième art. « Je viens de terminer une maîtrise d'études cinématographiques et audiovisuelles, qui m'a pris quatre années, dont une passée à New York ». C'est là, aux Etats-Unis, que lui est venue la révélation d'une autre passion : l'envie de voyager.
« La seconde d'après, je me posais la question : mais où vais-je aller?». La réponse n'a pas tardé à s'imposer, liée à un autre amour d'adolescence : ce sera l'Amérique du Sud. C'est là que Laetitia, 23 ans, se trouve depuis début janvier, pour un reportage photographique construit sur le thème de « L'eau et les hommes ».
DANS SON ELEMENT
« Mon reportage photographique sera une suite de recherches locales, menée selon une démarche d'immersion dans des lieux choisis », écrivait la jeune fille dans le dossier de présentation de son projet, qui lui a permis de décrocher une bourse Défi Jeune auprès de Jeunesse et Sports. « Ma recherche se développera selon les axes suivants : la présence de l'élément eau dans un paysage comme l'océan déchaîné en Terre de Feu, l'imposant fleuve Amazone ou le lac Titicaca, la façon qu'ont les hommes de répondre à cet élément et comment cela modifie leur vie, les limites de leur maîtrise à travers les ravages produits par l'élément déchaîné, enfin les coutumes religieuses ou rites en relation avec l'élément et les phénomènes qui s'y rapportent ». Vaste programme, au cours duquel la jeune « aventurière du bout du monde »- du nom de l'association parisienne dont elle fait partie (voir Le bon plan) - escompte pouvoir gommer la plupart des points d'interrogation qui émaillent encore son questionnement. Et celui-ci d'abord : « Comment les hommes font-ils pour s'en sortir, quand ils se trouvent soumis à des conditions extrêmes, par exemple les tempêtes de Patagonie, les violentes et surprenantes pluies provoquées par le cyclone El Nino dans le désert Atacama?».
DECOUVRIR POUR COMPRENDRE
Si l'essentiel de son périple, qui doit durer huit mois - « un temps suffisamment long pour faire ce qu'il convient de faire » -, est bien charpenté dans la tête de Laetitia, l'aventure en constitue l'autre volet, ouvert à l'inattendu et à la découverte. Un objectif élaboré autour de quelques belles formules. Celle-ci : « Voyager ? C'est découvrir et comprendre des choses qu'on ne sait même pas exister ». Ou celle-là : « Avant de partir, on a forcément quelques images en tête mais ce qu'il faut éviter, ce sont les idées préconçues ». Rapport à l'expérience de son séjour aux Etats-Unis : « Avant d'aller aux USA, j'étais anti-américaine. Ça m'a obligée à me remettre en question ». Traduction pratique : « Avant de partir, cette fois-ci, j'ai organisé grosso modo les quinze premiers jours de mon reportage à Ushuaïa et en Terre de Feu où je vais me retrouver. Après, que ce soit au Chili, en Bolivie, au Pérou ou en Equateur, cela dépendra beaucoup de mes rencontres ».
AVANT LE PLONGEON
« L'Alsace-Le Pays » a choisi de soutenir l'initiative de Laetitia Saarbach, qui prête par ailleurs à son périple « à but plus ethnologique qu'artistique », une fonction pédagogique. « L'aboutissement, explique-t-elle, sera informatif, voire éducatif, puisqu'à mon retour j'organiserai des expositions et des conférences dans les écoles d'Alsace ». Cette ambiance particulière qui entourait son départ ne sera alors plus qu'un souvenir, quand elle se trouvait encore « partagée entre la très grande excitation et une peur du dernier moment, juste avant le plongeon...». Un peu d'appréhension aussi, vite oubliée, liée à son choix d'aventure.« J'ai voulu voyager seule, dit Laetitia, parce qu'alors, on ne peut pas se reposer sur un éventuel compagnon de voyage. Comme on n'aime pas rester seul, on va plus facilement vers les autres ».
Laetitia Saarbach : huit mois avec les peuples d'Amérique du Sud pour « apporter un regard différent des clichés sur les paradis touristiques ou la pauvreté de commisération ».
(Photo Darek Szuster)
« Avant d'aller aux USA, j'étais anti-américaine. Ça m'a obligée à me remettre en question ».
(Photos Laetitia Saarbach)











