A la tête d'un centre de pilotage depuis quatre ans, Dominique Sarron tente de faire partager sa passion aux motards de 18 à... 81 ans. Son message : la sécurité n'empêche pas le plaisir.
« En moto, plus on va vite, plus on prend du plaisir », explique Dominique Sarron, qui est à la tête d'un centre de pilotage depuis quatre ans, et qui organise des stages en France et à l'étranger depuis l'an dernier. En octobre, l'Anneau du Rhin de Biltzheim accueillera pour la première fois l'un de ses stages, ouverts uniquement aux possesseurs de Yamaha sportives (R1 et R6). Un argument de vente supplémentaire pour le constructeur nippon ? « Non, ce n'est pas le but premier de ces stages, répond Pierre Liebé, concessionnaire à Mulhouse. L'objectif est de faire de la formation de haut niveau, pour que les propriétaires de ces motos puissent se faire plaisir, les exploiter à fond en toute sécurité ». « Yamaha ne gagne pas d'argent dans cette opération, ajoute Dominique Sarron. Les frais de participation des stagiaires ne couvrent pas les quelque 70.000 francs de location du circuit pour le week-end. Le message que veut faire passer le constructeur, et que je veux faire passer, c'est que l'aspect ludique n'est pas incompatible avec la sécurité ». Depuis qu'il a arrêté la compétition, le champion a découvert un « autre » monde de la moto, et surtout d'autres passionnés de ce sport. « Dans nos stages, nous touchons un large éventail de public : une majorité de jeunes de 22, 23 ans, mais aussi des gens plus vieux. Mon record, c'est un stagiaire de 81 ans ! A la fin du stage, il était ravi et il m'a même dit : "Je suis ridicule d'avoir attendu aussi longtemps pour faire ça"». Au programme de ces stages ? Des tours de circuit, des compteurs dans le rouge, bien sûr. Mais aussi des exercices pour maîtriser sa moto. « Les stagiaires, je leur apprends à conduire, même pas à piloter. 90 % des gens qui participent à mes stages ne savent pas freiner correctement, alors qu'ils possèdent un engin qui monte facilement à 200 km/h entre deux feux rouges... La moto se démocratise, mais certains montent sur une 125 cc comme sur une mobylette, alors que le danger est réel ». Pilote pour le moins expérimenté, Dominique Sarron acquiert peu à peu de l'expérience dans une autre discipline : celle de gestionnaire d'un groupe. « Au début, la formation demande une approche psychologique qui n'est pas évidente. Parfois, il y a des gens qui débarquent au stage comme des champions du monde. Il faut leur faire passer un message sans les brusquer. En général, ils comprennent, se calment assez rapidement, après deux tours, et repartent ravis. Il n'y a qu'une fois que ça s'est mal passé. Avec un Anglais, qui pensait être hyper fort. Le premier stage, il a fait deux tours et il est tombé. Le second, il a fait un blocage total quand il a vu le niveau des autres stagiaires. C'est bizarre, il était tétanisé et il n'a pas pu monter sur sa moto. Il est reparti direct... Depuis on a essayé de l'inviter plusieurs fois, mais à chaque fois, il a décliné l'invitation. C'est dommage... Mais attention, hein, c'est vraiment une exception ! D'habitude, les gens sont vraiment emballés ». Lorsqu'il n'est pas assis sur les 100 chevaux d'une moto, Dominique Sarron n'a d'ailleurs rien d'un monstre. Et il reconnaît attendre avec impatience le stage d'octobre, qui constituera pour lui une première dans l'Est de la France. « Je me réjouis parce que les gens de l'Est ont un peu une mentalité à part dans le monde de la moto. Une mentalité pure, de passionnés, d'amoureux de la moto, qui conduisent par n'importe quel temps. Ici, on ne prend pas sa moto pour aller boire un café.»











