Vainqueur de sept Bols d'Or dans sa carrière, Dominique Sarron était hier dans le Haut-Rhin pour finaliser un stage de pilotage qui aura lieu en octobre sur l'Anneau du Rhin. A 40 ans, il n'exclut pas de revenir à la compétition. Avec une écurie mulhousienne ?
« MONSIEUR S arron, je peux vous serrer la main ?» La scène se passe dans un magasin de moto mulhousien, hier. Les yeux écarquillés, un fan d'au moins 25 ans arbore un sourire de gamin : en face de lui, l'une de ses idoles, Dominique Sarron, recordman des victoires au Bol d'Or avec sept succès, vice-champion du monde d'endurance en 1984, vainqueur des 24 Heures du Mans en 87, des 8 Heures de Suzuka en 86 et 89. Bien qu'il ait arrêté la compétition il y a quatre ans, l'Auvergnat n'a rien perdu de sa popularité. Rien de plus normal : avec son grand frère Christian, Dominique a simplement fait rêver les passionnés de moto du début des années 80 au milieu des années 90.
« ÊTRE ET AVOIR ÉTÉ »
Et ce n'est peut-être pas fini. A Mulhouse hier pour finaliser un stage de pilotage Yamaha qui aura lieu en octobre sur l'Anneau du Rhin à Biltzheim, Dominique Sarron a également beaucoup parlé compétition avec Pierre Liebé, initiateur de ce stage dans l'Est de la France, mais surtout team manager de Free-Bike Performance, l'écurie d'endurance qui a notamment participé l'an dernier au Bol d'Or... Echange à bâtons rompus entre les deux hommes. Liebé : « Tu as arrêté la compétition il y a quatre ans. Mais tu as encore ça dans le sang ». Sarron : « C'est sûr, le goût de la compétition, on l'a toute sa vie. Quand j'ai décidé d'arrêter, il y a quatre ans, c'était une décision personnelle, mûrement réfléchie. J'ai décidé de tourner cette page une bonne fois pour toute. J'ai eu une belle carrière, durant ces 15 années de compétition, mais tout ça, c'est très aléatoire : tu te remets tout le temps tout en cause. Tu ne sais pas si tu vas courir la saison suivante, comment sera ta moto, si tu seras en forme. C'est pour ça qu'il y a quatre ans, je suis sorti de ce milieu pour monter une école de pilotage à Bordeaux, pour d'abord assurer mes arrières. On m'a souvent proposé de recourir. Mais j'ai toujours refusé ».
LE BOL OU RIEN
Liebé : « Tu ne pourras résister indéfiniment à la demande du public, qui veut te revoir sur une moto...». Sarron :« Quand je courais, c'était pour moi, pas pour les autres. Et si je devais recourir, ce serait aussi pour moi. Dans ma tête, mon rôle a changé. Aujourd'hui, je me verrais bien en tant que conseiller de course. Depuis que j'ai arrêté, j'ai forcément un peu perdu... Aujourd'hui, si je devais remonter en selle, j'approcherais peut-être de deux secondes mon meilleur temps. Mais ce qui compte, c'est d'être le meilleur, d'accrocher cette seconde essentielle. Et ça, je ne m'en sens pas capable. On ne peut pas être et avoir été...» Et pourtant. Devant l'insistance de Pierre Liebé, Dominique Sarron n'exclut pas de « replonger». De s'immerger à nouveau dans le monde de la course, ne serait-ce que partiellement. « Il veut absolument que je remonte sur une moto en course. Il faudrait un événement extraordinaire pour que je revienne sur ma décision. Ce qui est sûr, c'est que si je recourais, ce serait un Bol d'Or. Le Bol 99 ? Il faut voir. Je suis partagé : j'ai envie de m'impliquer dans le monde de la compétition mais je ne veux pas tout y investir. Dans un avenir plus ou moins proche, j'espère mettre en place une équipe de compétition à côté de mes activités de monitorat. Dans l'immédiat, je pense que je participerai déjà à une séance d'essai sur Free-Bike. Pour faire profiter de mon expérience dans le domaine du réglage de la machine. Et pour retrouver toute cette ambiance...». De là à ce que Dominique Sarron devienne le pilote en course de l'écurie mulhousienne, il y a encore un grand pas. Le temps, les tours de circuit et les arguments de Pierre Liebé finiront-ils par le faire changer d'avis ?
Dominique Sarron, entouré de Pierre Liebé (à gauche), le team manager de Free-Bike Performance - l'équipe mulhousienne pour laquelle il fera des essais en vue du Bol d'Or - et de son associé, Jean-Pierre Denoyer, avec lequel il organisera un stage de perfectionnement au pilotage, en octobre sur l'Anneau du Rhin.
(Photo « L'ALSACE » - Christine Hart)











