CETTE DAME n'est pas pressée de régler ses achats en euro, que ce soit par chèque ou par carte bancaire. « Il faut un deuxième chéquier si on veut payer en euro, confiait-elle hier après-midi. Ça va embrouiller les choses. L'euro, c'est vague pour l'instant. Je pense que quand on aura les pièces et les billets en euro dans le porte-monnaie, ce sera beaucoup plus concret, tout ça démarrera vraiment.» Autrement dit pas avant le 1er janvier 2002. Il reste que, depuis ces premiers jours de janvier, on peut régler ses achats en euro en utilisant un chéquier spécifique, ou en se servant d'une carte bancaire normale à la condition que le commerçant soit muni du terminal adéquat. Mais, hier, ce n'était pas la ruée pour payer en euro, loin de là - une ruée qui n'est de toute façon pas pour demain. Dans les commerces du centre-ville, les doubles étiquetages francs/euros sont inexistants - à de très rares exceptions près - pour la simple raison qu'on est en pleines soldes. « On a autre chose à faire en ce moment, dit cette vendeuse d'un magasin de vêtements. Le double étiquetage devrait être effectif vers le mois de mars, au moment de l'arrivée des nouvelles collections printemps-été.»
EUROCHÈQUE
Au Globe - dont le personnel a été formé à l'euro, ce qui est le cas dans d'autres commerces et des hypermarchés -, le double affichage débutera dans la seconde partie de janvier et prendra plusieurs semaines. La direction signale par ailleurs qu'en février la Chambre de commerce et d'industrie mettra à disposition des commerçants et artisans des tables de conversion officielle que la clientèle pourra consulter. Ces tables authentifieront que les deux prix, en franc et en euro, se correspondent très précisément. Du côté des hypermarchés, le double affichage selon la nouvelle valeur de l'euro (6.55957 F) est en cours. Au Leclerc Gay-Lussac qui, comme les autres sites du groupement, doit devenir un « centre d'apprentissage privilégié » du maniement de l'euro. Aux deux Cora qui auront terminé leur double étiquetage d'ici une dizaine de jours et dont le site de Wittenheim a enregistré quelques paiements en eurochèque dès samedi dernier. Quant à Carrefour, il étalera le double affichage du 15 janvier à la mi-mars. Alors, euro ? Oui, sans doute. Mais en prenant son temps.
Si les grandes surfaces s'attellent au double affichage francs/euros (à gauche), les commerces du centre s'y mettront un peu plus tard - ce qui n'empêche pas d'aucuns d'être à la mode européenne en acceptant certaines monnaies des Onze.
(Photos « L'ALSACE » - Darek Szuster)











