En 1911, un incroyable fait divers s'installe à la Une des journaux : au Louvre, on a volé La Joconde. Le 29 août, rebondissement : un certain Géry-Piéret avoue dans les colonnes de Paris-Journal qu'il a dérobé trois statuettes au musée (qui était alors une véritable passoire). Apprenant la nouvelle, Picasso et Apollinaire sont pris de panique. Géry-Piéret est une vieille connaissance, un aventurier belge qui fut vaguement le secrétaire du poète. En mars 1907, Picasso lui avait justement acheté deux statuettes en provenance... du Louvre. La troisième de ses statuettes est précisément vendue par Géry-Piéret à Paris-Journal, qui se fait une publicité à bon compte en l'exhibant avant de la restituer. Géry-Piéret affirme, au passage, être l'escamoteur de La Joconde. Apollinaire et Picasso sont terrorisés. Etrangers, ils ont peur d'être expulsés. Ils songent à jeter les statuettes à la Seine, changent d'avis, les portent à Paris-Journal. Ouf ! Mais la police n'en a pas fini. Elle perquisitionne chez Apollinaire, l'arrête ; elle organise une confrontation avec Picasso, qui affirme ne pas connaître son ami. Le même jour, Géry-Piéret écrit à la justice pour disculper l'emprisonné. Libéré le 12 septembre, Apollinaire ne sera lavé de tout soupçon qu'en janvier 1912. La Joconde sera retrouvée l'année suivante. Elle avait été dérobée par un citoyen italien qui travaillait au Louvre et voulait rendre l'oeuvre à son pays.











