L'AN neuf étant triplement neuf, il se devait d'être marqué par des nouveautés de taille.
On peut en évoquer deux, dans cette rubrique. D'abord, l'euro. La monnaie unique a en effet une dimension sportive. Sans constituer une discipline, elle cumule un certain nombre de critères qui, indiscutablement, sont de d'ordre du sport. Chez les pros, elle exige un long entraînement. La préparation, dans les banques, les services financiers des entreprises et les bourses, dure depuis des années. Elle implique, quand on raisonne à la fois en francs et en euros, une gymnastique cérébrale maîtrisant parfaitement les évolutions. Faute de quoi, on manque sa réception. Si la préparation tient du fond, l'exécution est du domaine du saut. De bonnes marques, une détente favorable des marchés et une technique de basculement parfaite, sont nécessaires pour bien passer la barre. Les amateurs, en revanche, iront au petit trot, chacun choisissant son rythme et sa distance. A leur niveau, pas de stratégie. Une calculette programmée réduit même leur effort aux seuls muscles des doigts. La seconde nouveauté de 1999 est la fin d'une suprématie. Celle des mecs au volant. Une femme, Jutta Kleinschmidt, a non seulement remporté une étape du Dakar, mais également décroché la première place du classement général, dimanche. Dans le même temps, Isabelle Autissier prenait la tête de la course autour du monde en solitaire, malgré une casse de gouvernail. Belle leçon de pilotage qu'administrent là aux rouleurs de mécaniques deux nanas discrètes et efficaces. La (belle) morale de l'histoire : à ceux qui l'ignorent encore, 99 annonce qu'il faudra savoir compter en euros... et apprendre à compter avec les femmes.











