A 36 ans, Christophe Schmitt participe cette année à son premier Dakar. Son rôle : aider les concurrents à changer ou réparer leurs pneus, à n'importe quelle heure du jour et de la nuit.
« Le rêve de Maurice, mon père, qui faisait des rallyes au niveau régional, c'était de faire le Dakar. Il ne l'a pas réalisé mais je le fais à sa place et je trouve ça génial. Je sais qu'il suivra toute la course à la télé et qu'il enregistrera toutes les émissions la concernant. »
De notre envoyée spéciale
Christophe Schmitt, 36 ans, qui demeure près de Mulhouse, ne cache pas sa joie : il fait partie des huit heureux élus choisis par Euromaster, spécialiste européen du pneu, chargés de changer ou de réparer les pneus des concurrents - notamment les motards indépendants, premiers intéressés par cette assistance - tous les soirs, après chaque étape, au bivouac. L'équipe dispose de deux camions-ateliers équipés de quatre tables de montage auto et moto « Bib Mousse » et a emmené deux containers remplis de matériel, de diverses petites pièces de rechange ainsi que d'un groupe électrogène. En tout, ces dépanneurs des sables devraient intervenir plus d'un millier de fois. Pour en arriver là, Christophe Schmitt, responsable d'un centre de service à Illzach, a envoyé une lettre de motivation à ses supérieurs. Il a appris qu'il était retenu en octobre dernier.« Avoir été sélectionné parmi les 300 candidats est une vraie récompense. Je sais que je fais partie de privilégiés. J'ai toujours aimé les sports mécaniques et j'ai toujours eu envie de participer à une épreuve comme le Dakar. Je suis persuadé que cette première expérience ne me décevra pas », explique l'Alsacien, qui en profite pour découvrir l'Afrique et se réjouit de vivre « une sacrée aventure ».
« DEUX OU TROIS HEURES DE SOMMEIL »
Il sait pourtant que son travail ne sera pas de tout repos. Il n'aura « pas plus de deux ou trois heures de sommeil par nuit ». Ce qui ne le dérange nullement, même s'il n'aura pas vraiment la possibilité de suivre la course de près.« Je ne verrai rien, c'est sûr, mais ce n'est pas grave parce que je vais vivre avec les concurrents. Je serai avec eux, au coeur de l'action, jusqu'à l'arrivée. Et puis je fais un boulot intéressant et valorisant parce que je peux donner des conseils à ceux qui me le demandent. » Christophe Schmitt espère ainsi nouer des liens privilégiés avec les uns et les autres. Son premier contact avec Luc Alphand notamment ne l'a pas déçu. « Il est vraiment très sympa, il est venu faire une photo avec tout notre groupe », précise le Haut-Rhinois, ravi de l'ambiance qui anime son équipe. « Nous avons fait connaissance il y a quelque temps, lors d'un stage de quatre jours organisé à Clermont-Ferrand. Ce n'est pas évident de partir trois semaines avec des gens qui, au départ, sont de parfaits inconnus. Mais tout s'est bien passé et l'ambiance est excellente. C'est important de travailler dans de bonnes conditions, c'est-à-dire en sachant que nous sommes solidaires les uns des autres. »
Christophe Schmitt va passer des nuits blanches sur le Dakar : il travaille jusqu'à l'arrivée des derniers concurrents, qui peuvent rejoindre le bivouac à des heures impossibles.
(Photo « LE PAYS » - S.P.)











