Il n'y a pas que la Saint-Sylvestre. 750 véhicules détruits ou dégradés par jour depuis 1997 : des chiffres en-dessous de la réalité.
Brutalement, la France périurbaine découvre la violence, qui a connu une poussée forte à partir de 1996. En 1997, les cinq départements les plus touchés par la violence urbaine étaient la Seine-Maritime, la Seine-Saint-Denis, le Rhône, l'Essonne et le Nord. Les mineurs se trouvent en première ligne : ils ont été responsables de plus de 30 % de la délinquance de voie publique constatée, contre 26,1 % en 1994. Mais « il y a plus sérieux encore : le décrochage social de ces jeunes délinquants a fini par générer une éclosion de bandes locales, le plus souvent à la périphérie des grandes villes (...). Pas la bande permanente et organisée, mais ce que des sociologues américains appellent le ''posse'', expression que l'on peut traduire en français par ''meute'' », observent Alain Bauer et Xavier Raufer, auteurs de « Violences et insécurité urbaines » (Que sais-je ? - 1998). Une idée reçue veut que les jeunes délinquants échappent à toute condamnation. Or en 1997 « il y a eu 3532 mineurs incarcérés en France ». Alain Bauer, qui est responsable d'un groupe-conseil en sûreté urbaine, et Xavier Raufer, directeur des études d'un centre universitaire de recherche sur les menaces criminelles contemporaines, relèvent une autre difficulté : « Emblème des violences urbaines, l'incendie volontaire de véhicule est cependant mal connu des autorités - donc du public ».
UN RAPPORT CONFIDENTIEL
La statistique officielle recense à peu près 275 000 cas de destructions et dégradations de véhicules en 1997, soit plus de 750 par jour pour la France métropolitaine, mais « cette catégorie mélange sans grande logique deux séries d'actes d'une nature très différente, les uns relevant de ''l'intifada urbaine'', et les autres, nettement moins nombreux, de la simple escroquerie à l'assurance ». Surtout, cette statistique « omet une précision grave que l'on découvre un peu par hasard, à la lecture d'un rapport confidentiel des renseignements généraux : quand des jeunes incendient de façon préméditée des véhicules sur la voie publique, la police ne comptabilise pas les voitures brûlées, mais les départs de feu. Ainsi, dit le rapport en question, ''le nombre réel de véhicules incendiés est toujours supérieur à celui des incendies recensés'' ». .











