« J'étais déjà rétabli depuis un certain temps. Cette journée a néanmoins une saveur particulière, la saveur de la vie ». Teint légèrement halé, visage un peu amaigri,(«quatre kilos en moins »), Jean-Pierre Chevènement était tout sourire à l'issue de sa première sortie officielle de l'année. Comme le veut la tradition, celle-ci a été consacrée à la cérémonie des voeux, que le gouvernement présente au chef de l'Etat.
De notre bureau parisien.
Le ministre de l'Intérieur est revenu, à pied, de la présidence de la République, située à quelques pas de la place Beauvau. « Je retrouve une situation politique qui n'a guère changé », a-t-il confié à notre journal, hier matin, rue du Faubourg Saint-Honoré, au cours de sa brève promenade. L'ambiance, durant la rencontre avec Jacques Chirac a été « sereine », et les échanges entre Lionel Jospin et le chef de l'Etat ont été « d'une grande courtoisie », note Jean-Pierre Chevènement. A titre personnel, il entretient avec son voisin de l'Elysée une relation très chaleureuse. Le ministre de l'Intérieur évoque, à ce propos, une anecdote émouvante. « Jacques Chirac était venu me voir au Val-de-Grâce le 4 octobre. Je ne pouvais pas encore me mettre debout, mais j'ai fait un effort particulier pour me lever. C'était, en quelque sorte, mon premier exercice de kinésithérapie». Avec le Premier ministre, durant ces quatre mois, le contact a été « presque continu ». « Il a montré à mon égard beaucoup d'amitiés et d'affection », souligne l'élu belfortain.
PARENTHÈSE
En ces premières heures sous le règne de l'euro, a-t-il parlé, avec Lionel Jospin, des prochaines échéances électorales et de la campagne des européennes ? Réponse de Jean-Pierre Chevènement : « J'ai beaucoup de dossiers à traiter : ils portent aussi bien sur les problèmes de sécuritéque sur la réforme de l'Etat, ou les communautés d'agglomération. Mais avec la presse, je préfèreles évoquer un peu plus tard. Nous avons le temps ». Saveur de la vie, saveur de l'humour. Saveur aussi des retrouvailles avec le personnel du ministère. A l'entrée, place Beauvau, il salue cordialement les gardiens de la paix en faction. « Je vous souhaite bonne santé et bonne carrière »,lance-t-il à Sarah Ledoux, de service à l'entrée. « A vous aussi, Monsieur le ministre, excellente santé et très bonne année », répond la jeune fonctionnaire. Il est onze heures, en ce quatre janvier 1999. Les grilles du ministère se referment, comme sur une parenthèse. Celle d'un choc anesthésique survenu le 2 septembre dernier et suivi d'une formidable récupération.











