Chaleureusement accueilli par ses collègues et par le chef de l'Etat, Jean-Pierre Chevènement a repris ses fonctions hier au ministère de l'Intérieur, prêt à s'atteler aux grands chantiers qui l'attendent.
APRÈS UNE ABSENCE de quatre mois consécutive au grave accident d'anesthésie dont il fut victime, le 2 septembre, à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, Jean-Pierre Chevènement a repris ses fonctions hier matin, en recevant Place Beauvau l'ensemble du gouvernement pour le traditionnel petit-déjeuner de la rentrée.
Le ministre de l'Intérieur a accueilli ses collègues ministres et secrétaires d'Etat un par un dans le salon Erignac, du nom du préfet de Corse assassiné il y a bientôt un an. Il a ensuite accueilli le Premier ministre Lionel Jospin, avec lequel il s'est entretenu quelques instants, en compagnie du secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Jean-Jack Queyranne qui continuera à le seconder. Lionel Jospin a rendu hommage « à l'efficacité et aussi à l'élégance humaine » avec laquelle M. Queyranne a assuré l'interim Place Beauvau.
AU RENDEZ-VOUS
« Je vais aussi bien que possible et je peux vous dire que mes globules rouges sont au rendez-vous, prêts à faire front », a dit Jean-Pierre Chevènement, 59 ans, en quittant le ministère pour se rendre à pied à l'Elysée, en compagnie du Premier ministre et de l'ensemble de son gouvernement. Lors de la cérémonie des voeux, le président Chirac s'est dit « heureux » de saluer Jean-Pierre Chevènement « après les épreuves personnelles qu'il a si bien surmontées ». Le 1er janvier « est un bon moment pour repartir. C'est une bonne date, qui correspond à l'avis de mes médecins », a déclaré Jean-Pierre Chevènement, assurant que « le travail intensif du ministère de l'Intérieur sera un excellent remède... enfin, jusqu'à un certain point ».
TROIS CHANTIERS
« Il y a beaucoup à faire. Ce qui a été entrepris doit être continué ». Le ministre de l'Intérieur a annoncé qu'il allait s'atteler à « trois grands chantiers » : la réforme de l'Etat, le dossier de la sécurité et les communautés d'agglomération. Sur la sécurité et la violence urbaine, le ministre de l'Intérieur a reconnu que le problème « n'est pas encore résolu ». Il s'assigne un objectif, « celui de la reconquête républicaine de nos banlieues, qu'il faut libérer de la violence, de la peur ». « Nous libérerons aussi les jeunes que cette violence ne peut qu'enfermer dans une impasse suicidaire. C'est tout le problème de l'accès à la citoyenneté », a-t-il estimé, précisant qu'il avait adressé en fin de semaine dernière au Premier ministre, Lionel Jospin, une note d'analyse à ce sujet, dont il n'a pas révélé le contenu. Quant à la constitution de communautés urbaines, M. Chevènement estime qu'il s'agit d'un « outil pour combattre l'apartheid social » en souhaitant des structures « où on pourrait vivre harmonieusement, solidaires ». Concernant l'enquête sur l'assassinat du préfet Claude Erignac, Jean-Pierre Chevènement s'est borné à assurer que « la police travaille, travaille bien, sous le contrôle de la Justice ». Il a annoncé qu'il aurait « l'occasion de se rendre prochainement en Corse où le retour à l'Etat de droit a marqué beaucoup de points ». Sur l'épineux dossier des sans-papiers, le ministre de l'Intérieur n'a pas souhaité s'exprimer.
Le gouvernement Jospin à nouveau réuni, hier, autour de Jean-Pierre Chevènement.
(Photo AFP)











