A l'occasion de la cérémonie des voeux du gouvernement, le président Jacques Chirac a affirmé hier que la sécurité constituait, avec la mise en place de l'euro, l'un des « deux enjeux majeurs auxquels la France est confrontée ». « La sécurité des personnes et des biens est sans doute l'une des premières attentes des Français à l'égard des pouvoirs publics », a dit le chef de l'Etat, dont les propos ont été rapportés par sa porte-parole, Catherine Colonna.
« LA PREMIÈRE DES LIBERTÉS »
Déjà jeudi soir, lors de ses voeux télévisés aux Français, le président de la République avait souligné que cette sécurité « n'est pas garantie partout », rappelant qu'elle est, selon lui, « la première des libertés ». Hier, Jacques Chirac a qualifié la situation de « très préoccupante » en la matière, observant que le développement de la violence ne touchait pas seulement les quartiers sensibles, mais de plus en plus de villes et de régions rurales. Jacques Chirac a également noté que les auteurs d'actes de violence étaient aussi de plus en plus jeunes, estimant qu'il s'agissait d'« un phénomène de société ». Jeudi soir, Jacques Chirac avait estimé que « l'éducation, la prévention sont indispensables, mais (...) la sanction ne l'est pas moins ». Le président a appelé à « une réponse globale ». « Elle implique que chaque membre du corps social assume sa part de responsabilité et que les pouvoirs publics, toujours mieux coordonnés, soient efficaces dans leur action ». « Je sais, a-t-il ajouté à l'adresse du Premier ministre Lionel Jospin, que je rencontre vos propres préoccupations et celles du gouvernement en disant cela ». Le gouvernement prépare actuellement un plan de redéploiement des effectifs de police et de gendarmerie qui suscite beaucoup d'inquiétudes et d'oppositions. « Ce sont des domaines où la mobilisation de tous est nécessaire dans l'intérêt des Français et de la France », a poursuivi Jacques Chirac. « Je souhaite que nous progressions dans la bonne direction ».
LA CHANCE DE L'EURO
Le président de la République est également revenu devant le gouvernement sur l'euro, « la monnaie officielle de notre pays » depuis le 1er janvier. Pour Jacques Chirac, sa réussite implique « courage et persévérance dans la conduite de notre politique économique et financière ». Comme dans son allocution du 31 décembre, il a rendu hommage aux Français qui ont permis le « grand succès » de la monnaie unique : « L'euro est une chance pour la France. C'est une chance historique pour notre peuple ». « Il nous appartient aussi de construire une Europe sociale, une identité européenne de défense et de bien préparer l'élargissement » de l'Union européenne, a ajouté le président. Afin que les Français puissent se préparer à utiliser l'euro dans leur vie quotidienne au cours des trois années qui viennent, il a souhaité qu'un effort « d'information et d'accompagnement » soit fait, qui relève d'abord de la responsabilité de l'Etat. « Mais cela exige aussi de veiller tout au long de ce processus au maintien de notre cohésion nationale », souligne encore le président Chirac. « Il faut éviter que le changement profond qu'implique l'arrivée d'une monnaie nouvelle se traduise par de nouveaux clivages entre les jeunes et les personnes âgées, entre le secteur privé et le secteur public, entre la France ouverte à la concurrence et la France protégée ».
Sécurité : une situation jugée « très préoccupante» par le chef de l'État.











