ARC-BOUTÉS sur la terre, avec la voûte étoilée en guise de plafond, les hommes, même les plus puissants, apparaissent bien fragiles.
Les temps que nous vivons, en termes de fin de millénaire premier, ont pour conséquence de leur agiter encore un peu plus le bocal, tant il est vrai qu'ils ont besoin de repères, de quête de sens, de racines, cette dernière exigence -bien légitime- ne permettant pas souvent de disposer de suffisamment d'aisance pour voler au-dessus du nid de coucous, avec l'oeil du sociologue d'occasion. Le jeu de chiffres magiques à l'approche de l'an 2000, fait frissonner tout ceux qui ont choisi d'y voir les signes d'un renouveau, d'un nouvel âge, avec ou sans le retour d'un Etre supérieur révélé. De ce point de vue, la Terre sainte a commencé à jouer le rôle du phare qui irrésistiblement attire et aveugle, avant, parfois, de faire mourir... Impossible, dans cette exigence d'explications existentielles, de dire : « Voici les questions, mais qu'elles pouvaient donc être les questions?». Depuis que l'homme trace son sillon dans ce qui est souvent une vallée de larmes, entre guerres et misère, ce sont bien les questions que l'on manie. Pour les réponses, il faut attendre, et dans l'incertitude, certains préfèrent voir l'échéance le plus loin possible... Que la nouvelle année, celle-ci, puis la prochaine soient l'objet de ces voeux -traditionnels- rien de plus normal, comme il est bien naturel de prendre de « bonnes » résolutions ou de faire en sorte que des projets s'affinnent et puissent voir le jour. Goethe parlait déjà de la longue suite des jours, longue suite qui finit par donner le sentiment de l'éternité, de préférence à ceux qui ont coutume de pontifier, assoupis dans le confort de la réussite matérielle. Mais l'immortalité n'est pas de ce monde-ci, autrement celà aurait fini par se savoir, et ceux qui surfent sur cette sensation de l'infini, suffoquent lorsque la vague porteuse se casse. La soif de comprendre est si assaillante, que des symboles peuvent donner l'impression d'être désaltérants. C'est pourquoi il y a fort à parier que bien des bribes d'événements pourront encore apparaître comme des jalons dans le cheminement désordonné des parcours humains.











