Une greffe du foie effectuée à Besançon a sauvé Yves Poulain de la mort. A 47 ans, cet habitant de Gouhenans a retrouvé sa famille juste avant les fêtes de fin d'année.
NOEL n'aura jamais eu une saveur si agréable pour la famille Poulain. Victime d'une « échochromatose », maladie due à un dysfonctionnement du foie, Yves, le père de famille a en effet rejoint le cocon familial le 24 décembre après une greffe du foie réussie à l'hôpital de Besançon. « Je n'aurais jamais espérer passer Noël en famille, chez moi à Gouhenans. Mon taux de fer était 30 fois supérieur à la normale. A partir du mois de juillet 1997, je me suis rendu tous les lundis à Vesoul pour m'y faire prélever 1/2 litre de sang. Ensuite, après une période d'observation de trois semaines, les médecins se sont prononcés pour une greffe du foie.» explique un homme encore sous le coup de l'émotion.
UNE VIE D'ESPOIR
Dès lors, un appareil, branché en permanence lui était confié. Lorsqu'il sonnerait, il n'y aurait plus de temps à perdre, il annoncerait simplement qu'un donneur avait un foie compatible, donc de rhésus « A+». Le 24 novembre au petit matin, la longue attente était récompensée, il fallait partir. Mme Greuillet, du Val de Gouhenans, emmenait alors le futur greffé directement à Besançon où il était admis sur la table d'opération ; il y restera dix longues heures. « Après deux crises de rejet, dues à une embolie pulmonaire, j'ai intégré une chambre stérile » avoue celui qui doit maintenant sa vie à un généreux donateur, beaucoup moins chanceux que lui. Puis de poursuivre« J'ai reçu une véritable leçon de morale, mais il va pourtant falloir vivre avec ce foie qui n'est pas le mien.» A ses côtés, son épouse se rappelle « Contrairement à moi, Yves avait une totale confiance dans la réussite de l'opération. En ce qui me concerne, j'ai tremblé jusqu'au bout, n'osant pas m'enflammer trop rapidement. Là-bas, nous nous sommes rendus compte qu'il n'était pas le seul dans ce cas, beaucoup de personnes attendent ainsi un foie, un coeur, un rein, pour pouvoir postuler à nouveau à une vie normale. Malheureusement l'offre est trop faible pour satisfaire une demande de plus en plus forte.» L'existence de Yves a failli basculer à Isoroy où, en plein travail, il s'est senti pris d'un violent malaise. Depuis, il est en invalidité, une contrainte qui lui laissera tout loisir de défendre une cause qu'il n'aurait peut-être jamais cru rejoindre un jour. Maintenant, il aspire « à faire prendre conscience aux gens de la nécessitédes dons. Avant de me faire opérer, j'ai eu des contacts avec d'autre greffés, dont Colette Piraud, de Ronchamp, et Jean-Marie Mercier, de Vesoul. Leurs conseils et surtout leur assurancem'ont été très utiles pour franchir les différentes étapes devant mener à la greffe » En Haute-Saône, une association pour le don d'organes et de tissus humains existe. Basée à Arc-les-Gray (Tel : 03.84.65.52.64), elle propose régulièrement des réunions d'information et de sensibilisation sur le thème « Et si un jour vous aviez besoin d'un organe?» A cette question, Yves Poulain peut désormais apporter une réponse !
Yves Poulain a passé les fêtes en famille, avec son épouse et ses deux filles, Angélique et Jessica.
(Photo « LE PAYS »-S.M.)











