Bonne année ! C'est le temps des voeux... et des cartes pour les souhaiter. Cédant la place aux bafouilles sur cartes fantaisie, aux conversations téléphoniques ou aux e-mails, les mignonnettes se sont faites discrètes.
QUATRE-VINGT TREIZE millions de cartes de voeux sont envoyées chaque année par les Français : deux par personne. Et beaucoup plus arrivent de l'étranger, les Anglais envoyant chacun 32 cartes en moyenne. Les postes ne sont pas submergées pour autant, car il est loin le temps des montagnes de mignonnettes, ces petites cartes au format carte de visite, qui encombraient les bureaux de poste.
EN CINQ MOTS
« Tous les ans, on avait des chariotspleins. Il fallait embaucher du personnel supplémentaire pour les trier, car elles avaient un format spécial qui ne rentrait pas dans les boites de tri. Le facteur repartait même faire une seconde tournée dans la journée », se souvient Louis Buck, facteur au centre de traitement du courrier (CTC) du Florival de Guebwiller et président du club philatélie d'Issenheim. Les cartes demandaient un traitement à part, car elles bénéficiaient d'un tarif spécial. « 5 ou 10 centimes moins cher que les lettres à 30 centimes. Mais c'était compliqué, car il fallait qu'elles soient ouvertes. Pour bénéficier du tarif spécial, la carte devait compter moins de cinq mots!», ajoute-t-il.
DEUX EN UN
Mettant fin à cette « anarchie » des formats qui faisait désordre dans les bureaux, les PTT ont normalisé les formats en 1975. Aujourd'hui, les cartes de voeux sont banalisées dans des enveloppes souvent blanches et les mignonnettes ont laissé place à de plus grands formats fantaisie. Malgré le recours au téléphone ou à Internet, les ventes de cartes de voeux se maintiennent.« Les collections sont toujours aussi étoffées, mais les supports varient par rapport aux cartes traditionnelles blanches : sur carton et papier recyclé. La nouveauté cette année : les cartes de voeux avec une photo. Les gens profitent de leurs vacances de Noël pour envoyer une carte de souvenirs et leurs voeux », remarque Gaby Richard, responsable de la Maison de la presse, rue de la République à Guebwiller.
RUBAN ET MICA
La fièvre du stylo se fait sans encombre à La Poste. « Nous traitons certainement beaucoup de cartes de voeux, que souvent on ne distingue pas, mais nous avons moins de courrier d'affaires. Le courrier de fin d'année est tout à fait normal », constate Pierre Dabazach, chef du CTC du Florival. Normal, juste un peu plus coloré. Il remarque les cartes provenant du Japon, des Etats-Unis ou d'Autriche : « Elles sont décorées de petits rubans. Certaines arrivent d'Italie, métallisées car recouvertes de particules de mica.» Autant de variations pour présenter ses voeux, qui ne sont pourtant pas du goût de tous. Si aujourd'hui, les mignonnettes ont presque disparu, quasi hors la loi à La Poste, les facteurs du centre de traitement du Florival en ont quand même trouvé une dizaine dans leurs sacs la dernière semaine de décembre. Les petits formats sobres ont toujours leurs nostalgiques.
Quelque 93 millions de cartes de voeux sont envoyées chaque année par les Français en début d'année. Un afflux de courrier bien géré à La Poste.
(Photo « L'ALSACE »)
Avant la standardisation des formats, les PTT embauchaient du personnel supplémentaire pour trier les petites mignonnettes alors en cours.











