« Tant que les gens n'ont pas de monnaie européenne dans le portefeuille, ils ne se sentent pas franchement concernés par l'euro » constate le buraliste du Royale, Jean-Claude Ventzriette. Pas encore d'étiquetage en euros au bureau de tabac montbéliardais à l'angle de la place Denfert. « Pas de précipitation, on ne connaît pas encore le prix exact des cigarettes en euros. Dès que l'affichage sera prêt, courant janvier, les fumeurs pourront d'ailleurs plus facilement comparer les prix d'un pays à un autre. Tandis que le paquet de Marlboro fera près de trois euros en France, il sera à deux euros en Allemagne». Après la monnaie unique, un tarif unique pour les blondes ou les brunes achetées à Milan, Berlin ou Lisbonne ? Pas sûr. En attendant, on pourra très prochainement régler ses achats en euros par carte bancaire chez Jean-Claude Ventzriette. Une simple petite manipulation sur un logiciel et le tour sera joué. Alors qu'une cliente pousse la porte du bureau de tabac pour acheter un paquet de cigarettes mentholées, le buraliste se hasarde à lui demander si elle prête à payer en euros ? « Certainement pas, rétorque la jeune femme. L'euro, c'est n'importe quoi. On nous a mis au pied du mur». Voilà une position plutôt tranchée. « Globalement, les gens sont dans l'attente, pas franchement pressés de passer à la monnaie unique. Il est vrai que c'est une petite révolution. Les anciens sont assez sceptiques, disent « on verra bien » tout en exprimant leurs inquiétudes, eux qui ont déjà eu du mal à passer aux nouveaux francs. Pour l'instant, l'euro ne représente pas quelque chose de concret pour le consommateur moyen dans la mesure où la nouvelle monnaie ne transite pas encore par le portefeuille». Doucement mais sûrement, on file pourtant vers 2002. Il reste à savoir quel sera alors le prix des tickets à gratter de la Française des Jeux. Le rondelet 10 F deviendra t-il le tarabiscoté 1,52 euro ? Supposons plutôt que d'ici là le prix du ticket qui peut rapporter gros sera bonifié !
« Face à l'arrivée de l'euro, ce sont les personnes âgées qui sont les plus inquiètes » remarque le buraliste Jean-Claude Ventzriette.











