Le tribunal examinera le dossier de reprise fin janvier.
C'est en principe le 28 janvier prochain que la chambre commerciale se prononcera sur la proposition de rachat de l'Epée par Joël Limongelli, gérant de la manufacture comtoise Sofrac'hor installée à Besançon. On sait que ce dernier a fait une offre à 120 000 F et qu'il se propose en cas de feu vert du tribunal de faire redémarrer l'Epée à Sainte-Suzanne avec trois ou quatre personnes pendant une période de neuf mois. le temps de trier et de mettre les machines en route. La fabrication suivrait avec une moyenne de 80 à 100 mouvements/jour. Si les commandes se confirment, d'autres embauches ne seraient pas à exclure. Car une enquête réalisée à la demande du candidat-repreneur conclut que les produits l'Epée n'avaient toujours pas été remplacés sur le marché et que la marque jouissait toujours d'une renommée certaine. Pour reconquérir le marché, Joël Limongelli mise sur trois gammes de produits : haut, moyen et bas de gamme. Il y a tout juste trois ans, la société l'Epée de Sainte Suzanne était mise en redressement judiciaire. La troisième fois en vingt ans Cette fois, l'entreprise n'arrivera pas à sauver les meubles. Le déficit est de 20 MF. Le 11 avril 1996 : la liquidation de la manufacture est décidée. Les 64 salariés sont licenciés. Mais l'espoir subsiste car le talentueux horloger genevois Franck Muller est sur les rangs pour racheter la marque et l'actif de l'Epée. Afin d'éviter le « dépeçage » de l'entreprise, les salariés occupent l'usine. Sans se douter que l'aventure allait durer cinq longs mois. Car l'espoir sera de courte durée. Franck Muller se retire dans la course à la reprise, n'ayant pu obtenir les prêts bancaires. Pendant quelques semaines, il aura fait miroiter sa proposition et séduit plus d'un. Aujourd'hui encore, les ex -salariés conservent une amertume...
TOURNER LA PAGE
A défaut de repreneur, le tribunal ordonne la vente aux enchères des actifs. Vente qui ne pourra se dérouler. Les ex salariés croient encore et toujours à une solution. CE malgré la fin de l'occupation un petit matin gris de septembre. Ils créent l'association « Les Amis de l'Epée » pour monter une SCOP (société coopérative ouvrière de production). L'association existe toujours avec 191 000 F en caisse. Elle devra redéfinir son objet car la SCOP n'est plus d'actualité. Une vingtaine d'ex salariés est toujours sur le carreau et ne toucheront plus au mois de février que l'allocation spécifique de solidarité. Si l'entreprise renaît de ses cendres, elle devra beaucoup à ses ex-salariés qui auront fait preuve de beaucoup de ténacité et d'obstination. Certains ont tourné la page « L'Epée». Noëlle Grimme, porte-parole de cette lutte, démarre aujourd'hui une formation en animation sociale.











