Le gouverneur de la Banque de France, Jean-Claude Trichet, a souligné hier que la journée de lundi « sera une journée cruciale». A 7 h se mettra en route le système électronique TARGET qui relie les banques centrales de la zone euro et assure les paiements transfrontières de gros montants, a indiqué le gouverneur. Les premières opérations de politique monétaire du système européen de Banque centrale auront lieu dès aujourd'hui. L'euro va affronter l'épreuve majeure des marchés financiers mondiaux à l'issue d'un long et frénétique week-end de labeur consacré à convertir en euros des centaines de milliers de données bancaires et boursières. L'une après l'autre dimanche, les places financières de 11 des 15 pays de l'Union européenne qui ont fait de l'euro leur seule monnaie légale le 1er janvier, ont annoncé que la conversion était terminée et qu'elles procédaient désormais aux derniers tests. A Paris, Francfort et ailleurs, des dizaines de milliers d'informaticiens et de banquiers ont travaillé sans relâche depuis qu'ont été dévoilés à Bruxelles jeudi midi les taux définitifs de conversion des monnaies nationales de la zone euro, en France, un euro valant 6,55957 F. Les sommes en jeu sont colossales : plus de 3.500 milliards d'euros d'actions et plus de 2.500 milliards d'euros d'obligations d'Etat. Les financiers attendaient désormais avec un soupçon d'appréhension l'ouverture des marchés aujourd'hui. Les marchés de la zone euro (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal) ont choisi de ne plus traiter qu'en euros à compter du 4 janvier. L'entreprise n'a de pas précédent dans l'histoire économique. En raison du décalage horaire, les premières transactions en devises importantes ont eu lieu à Sydney en Australie, où l'euro a été coté pour la première fois de l'histoire à 1,1747 dollar américain. A Tokyo, la nouvelle monnaie européenne a ouvert à 133,20 yens.











