Après un quart de siècle de déclin, l'institution du mariage semble, en 1996, reprendre du poil de la bête. Particulièrement en Franche-Comté, où l'on se marie plus, et plus jeune qu'ailleurs en France.
Traîne blanche, pétales de roses et bisous mouillés de larmes de bonheur sont de retour. Après avoir connu une période de crise de près d'un quart de siècle, le mariage semble être redevenu à la mode. En 1996, près de 5000 couples se sont ainsi unis en Franche-Comté, soit 11 % de plus qu'en 1995. Pour le Territoire, la hausse atteint même 13%, avec 710 mariages en 1996 (sources INSEE). En Franche-Comté, on se marie également plus jeune qu'ailleurs en France. L'âge moyen est ainsi, en 1995, de 31,6 ans pour les hommes, et de 29,1 ans pour les femmes, contre 32,1 ans et 29,5 ans au niveau national. Comme leurs concitoyens, les Franc-Comtois se marient de plus en plus tardivement. L'âge moyen du mariage s'est accru de quatre ans et demi depuis la fin des années soixante-dix.
REMARIAGES CROISSANTS
Allongement de la durée des études, contexte économique peu favorable, développement de l'union libre... Les raisons de bouder l'institution du mariage sont multiples. Depuis 1972, date du point culminant des mariages, la baisse du nombre de célébrations est constante. Entre 1972 et 1995, la chute a ainsi été de plus de 40 % pour l'ensemble des départements franc-comtois. La loi de finances qui annule les avantages fiscaux des couples non-mariés n'est probablement pas étrangère au regain d'intérêt actuel pour l'institution jugée, pendant un certain temps, plutôt désuète. Les mentalités évoluants, la cohabitation hors mariage n'a désormais plus rien de tabou. Et la naissance d'un enfant n'a plus non plus l'effet catalyseur du passage des parents devant monsieur le maire. La nouveauté de cette fin de siècle est le nombre croissant de remariages, qui concernent actuellement un couple sur quatre. Soit le résultat direct de la multiplication des divorces. Les familles recomposées sont de plus en plus nombreuses, et il n'est donc plus rare que les enfants assistent au mariage de leurs parents. En 1996, 26 % des mariages ont légitimé au moins deux enfants. En 1965, le cas était l'exception, avec 1 % des mariages. Pour ce qui est de la classe sociale des époux, il semble que le vieil adage selon lequel « qui se ressemble, s'assemble », est toujours de mise. Le milieu social reste en effet le cercle privilégié de rencontre de son futur conjoint. Le nombre de mariage de personnes de même catégorie socioprofessionnelle représente ainsi 25 % des unions domiciliées en Franche-Comté de 1990 à 1995. Un phénomène particulièrement flagrant chez les ouvrières, qui épousent à 69 % des ouvriers, et chez les agricultrices, qui s'unissent à 70 % à des agriculteurs. Enfin pour ce qui est du choix de la date fatidique de l'échange des anneaux, juin, juillet et août restent les mois de prédilection des amoureux. Les invités sont plus disponibles, et surtout, il fait beau. Car on a beau dire que « mariage pluvieux, mariage heureux », il est toujours plus agréable d'unir ses jours sous un soleil radieux. L'avenir du ménage s'avère de bien meilleure augure.
Le mariage a de nouveau la côte. En 1996, 5000 couples franc-comtois sont passés devant monsieur le maire, soit 11 % de plus qu'en 1995.











