Léa, Lucas et Manon se disputent la première place au palmarès de l'état civil 1998. Après la mode des prénoms étrangers, l'année qui s'achève a surtout été celle de la liberté orthographique.
POUR L'HEURE, ce ne sont encore que des poupons. Les plus jeunes n'ont que quelques jours, et les plus âgés devraient souffler bientôt leur première bougie. D'ici quelques années, on retrouvera tous ces petits bouts de chou sur les banc de l'école. Eux, ce sont les bébés qui ont vu le jour cette année à Belfort. A la date d'hier, ils étaient exactement 2083. Mais ce chiffre va probablement encore croître légèrement d'ici la Saint-Sylvestre.
FANTAISIE
L'identité première de ces enfants, c'est bien sûr leur prénom. Et si pour eux ce n'est pour l'instant pas très important, le choix relève souvent du casse tête chinois pour les parents. C'est bien connu, chacun entend, par le biais de ce prénom, marquer son originalité. Et 1998 n'a pas échappé à la règle. Sur le nombre total de naissances enregistrées à Belfort, on compte ainsi pas moins de 800 prénoms différents. Cette année, la mode est à la liberté orthographique. « Les parents veulent se singulariser, et optent pour la fantaisie », constate Michel Renaud, directeur de l'état civil à la mairie de Belfort. Le résultat, ce sont des prénoms à l'orthographe bien peu académique. Sont particulièrement visés les « i », qui tendent à être remplacés par les « y»: Charlyne, Amélya, Alyssia, Elyse... Pour certains, les maîtresses d'école auront probablement bientôt bien du mal à s'y retrouver. C'est en particulier le cas des prénoms francisés ou pas. Entre Prescilia, Prescillia et Priscillia, pas facile de tomber sur le bon. Même chose pour les Tifanie, Tiffany ou Tiphanie, ou encore les Mickaël, Mikail ou Mickaïl.
Hormis ces fantaisies orthographiques, les prénoms usuels demeurent majoritaires. Cette année à Belfort, Léa, Lucas et Manon sont les trois prénoms qui sont revenus le plus fréquemment. Suivent Maxime, Quentin, Thomas, Nicolas, Théo, Sarah, Pauline ou encore Océane. La mode est donc aux prénoms courts, simples et plutôt traditionnels. Les prénoms étrangers, et en particulier anglo-saxons, sont toujours présents, mais dans une moindre mesure. Ceux qui reviennent le plus souvent sont généralement inspirés de héros de séries télévisées : Dylan, Jason, Kelly. A noter également la forte présence des diminutifs : Samy, Tom, Léo, Jessy, Teddy... Et puis il y a bien sûr les inclassables, ces prénoms plus ou moins mélodieux, sortis de l'imagination des parents ou hérités d'un membre de la famille. On retrouve ainsi des petits Alizée, Aliénor, Aglaé, Aristide, Cyrcée, Cheyenne, Mélissandre, Opaline ou Théophraste. Une seule règle est de toute façon à respecter dans le domaine des prénoms : ne pas porter préjudice à l'enfant. En cas de prénom ridicule, l'officier d'état civil peut saisir le procureur de la république. Cette année, à Belfort, cette démarche n'a jamais été engagée. Signe que les parents sont bien conscients du poids du prénom sur l'avenir de leur enfant... ou d'une grande tolérance des services officiels.
Après avoir eu deux garçons, Christine et Philippe Vincenzi souhaitaient ardemment une petite fille. Sarah est ainsi arrivée dimanche matin, comme un cadeau de Noël en retard.
(Photos « LE PAYS »-S.D.)
Jade a désormais un petit frère, Gaël. Le bébé est né hier matin, et Aimée et Rabah Zellagui, les heureux parents, en sont encore tout retournés.











