Un homme venu d'ailleurs a dominé ce week-end les concours de sauts du supercross de Bâle. Edgar Torronteras, adepte du piercing, amoureux des animaux et des sorties nocturnes, est à 18 ans le maître incontesté des freestylers.
« VOUS SAVEZ, mon mari et moi-même sommes toujours aux côtés d'Edgar, que ce soit en Europe, aux Etats-Unis ou en Asie. Il voyage beaucoup et je pense que c'est important, pour lui, de savoir qu'il peut compter sur ses parents. Il est encore tellement jeune!» Montserrat Torronteras, la mère d'Edgar, peut être fière de son fils qui, à seulement 18 ans, domine avec une insolente facilité tous les concours de sauts organisés lors des supercross. Vendredi et samedi soir, à la halle Saint-Jacques de Bâle, qui accueillait pour la première fois le supercross international de Suisse, l'Espagnol originaire de Cardedeu, à environ 25 kilomètres de Barcelone, a une nouvelle fois prouvé qu'il maîtrise à la perfection les figures les plus audacieuses (voir encadré). Le jeune prodige ne s'arrête pas là. Non content de soulever l'enthousiasme des spectateurs par ses prouesses aériennes, il en rajoute en faisant un véritable petit show qui lui attire immédiatement les faveurs d'une assistance entièrement acquise à sa cause. Il accélère et ralentit au gré de ses envies, descend de sa moto pour faire comprendre à ses supporters qu'ils ne l'encouragent pas assez, remonte en selle tout en continuant à faire des signes de la main, fait semblant de rater son premier saut avant de réaliser enfin un splendide « El Cordobès » - une figure de sa propre invention - qui lui permet de rallier tous les suffrages. « C'est vrai, j'ai toujours été un peu acteur, confie l'intéressé en souriant. J'aime entendre les applaudissements du public, j'en ai besoin pour faire mes sauts.» « Tout petit déjà, lorsqu'il participait à une course, il trouvait toujours le moyen d'envoyer des baisers à droite et à gauche ou de faire des signes de la main », s'amuse Montserrat. « ET » pour les inités, en référence à ses initiales mais aussi à l'étonnante aisance dont il fait preuve dès lors qu'il s'envole au-dessus de sa moto, n'estime pourtant pas être un priviligié. « Je ne suis pas le seul à faire des sauts, d'autres pilotes en font aussi. La seule différence entre eux et moi, c'est peut-être que je n'ai jamais eu à travailler beaucoup ou à me forcer pour y arriver. C'est quelque chose d'inné. J'ai commencé avec le bi-cross et j'ai continué avec la moto.» « Edgar s'entraînait un moment à côté de la maison, et puis il commençait à faire des sauts, pour s'amuser, rajoute sa mère. Pour lui, il s'agit avant tout de se distraire et de se faire plaisir.» Edgar Torronteras a toujours été fasciné par la moto. Sans doute parce qu'Antonio, son père, lui-même ancien pilote, lui a transmis sa passion dès son plus jeune âge. « Quand il était dans sa poussette, dès qu'il voyait une moto, il essayait de s'en approcher, se souvient Montserrat. Il a toujours été comme ça. Et il n'est pas près de changer!»
UN CAÏMAN DANS LA CHAMBRE
L'Espagnol a désormais acquis une notoriété et une popularité telles dans le milieu qu'il n'a plus un seul instant de répit dès lors qu'il apparaît en compétition. Ce qui ne l'empêche pas de rester d'une grande disponibilité pour signer des autographes ou répondre aux interviews. « Je suis toujours le même, remarque le pilote.Je suis quelqu'un de tout à fait normal, qui aime faire ce que font tous les garçons de mon âge. Comme sortir et faire la fête!» Le vainqueur des deux concours de sauts organisés à Bâle, qui a arrêté les études pour se consacrer entièrement à la moto, n'hésite pas un instant lorsqu'il évoque son avenir : « J'espère bien rouler jusqu'à l'an 3000!», explique-t-il en riant. « Je n'ai peur de rien », ajoute-t-il sans forfanterie. « Ce n'est pas tout à fait vrai, tempère sa mère. Il n'a pas peur du danger à moto et il n'a d'ailleurs, Dieu merci, encore jamais fait de chute grave, mais il a une peur bleue des piqûres. Il déteste ça. En revanche, il n'hésite pas à se faire tatouer - un extraterrestre, évidemment, sur l'épaule - et à se faire percer le nez et la poitrine puisqu'il est adepte du piercing!» Autre originalité de ce pilote hors normes : son amour pour les animaux. Il a ainsi la particularité de posséder, outre un chien, Pelut, et deux chats, Jeremy et Macarena, un iguane, Guancho, et un caïman, Pocapicha, dont le terrarium est installé dans sa chambre. « Maintenant, il veut un perroquet, un cacatoès. Je lui ai dit qu'il n'avait pas intérêt à ramener un nouvel animal à la maison parce que sinon c'est moi qui vais partir, s'amuse Montserrat. Mais je suis sûre qu'il va se l'acheter pour Noël!»
L'Espagnol Edgar Torronteras a rallié tous les suffrages, vendredi et samedi à Bâle, en réalisant des sauts tous plus audacieux les uns que les autres.











