Attention tornade. Ce « Seigneur des porcheries » (sous titré un peu pompeusementLe temps venu de tuer le veau gras et d'armer les justes) est à la littérature US ce que Mitch fut à l'Amérique centrale : un vrai coup de vent dévastateur. Tristan Egolf a été tremper sa plume dans une fosse à purin de la sinistre bourgade de Baker en plein Midwest, pour décocher le plus incroyable uppercut littéraire au racisme, à la bigoterie, à l'alcoolisme, bref à la bonne civilisation blanche américaine vautrée dans ses illusions et ses tas d'ordures. Fils de Lester Bangs et de Bukowski, Egolf remonte la machine US à broyer les gens différents, en tirant malicieusement les ficelles d'un incroyable John Kaltenbrunner, enfant de nulle part humilié jusqu'à l'écoeurement et bien décidé à foutre un sacré coup de pied au cul à la plèbe de Baker. Dans son sillage dévastateur, John entraîne une cohorte de ratés et débris de la société suffisamment cinglés pour tout faire sauter. Sauf que chez Egolf comme dans cette sinistre bourgade, les bons ne sortent jamais gagnants ou vivants et les mauvais à force d'incestes et de viols se reproduisent souvent plus vite que les seigneurs. Même les seigneurs des porcheries comme John Kaltenbrunner le magnifique.
« Le Seigneur des porcheries », Tristan Egolf. Gallimard. 300 p., 150 F.











