L'une des trois options de réalisation de la ligne nouvelle à grande vitesse Rhin-Rhône ferait faire l'économie du tracé alsacien.
Trois hypothèses de réalisation du TGV Rhin-Rhône sont désormais envisagées par les responsables du projet réunis jeudi à Besançon en comité de pilotage. Ce dernier a engagé le processus de financement des études préalables à la déclaration d'utilité publique, dont le dossier doit être déposé auprès du ministère des Transports en décembre 1999. L'étape suivante sera l'enquête d'utilité publique proprement dite. Ce n'est qu'ultérieurement que l'acquisition des terrains de l'emprise de la ligne nouvelle pourra être engagée et l'autorisation d'ouverture des travaux être envisagée. Auparavant, il aura fallu trouver les financeurs, des modes et clés de financement. Ce seul volet s'annonce épineux ; la difficulté à trouver l'argent du TGV Est européen Paris-Strasbourg en donne un aperçu.
LES MEILLEURS RACCORDEMENTS
En attendant, une réalisation de la ligne Dijon-Mulhouse par étapes est engagée. Les responsable du projet disent qu'il s'agit d'« utiliser le plus judicieusement possible les fonds publics.» Trois hypothèses se dessinent donc au lendemain du comité de pilotage de jeudi dernier : 1 - la réalisation complète de la branche est du TGV Rhin-Rhône Dijon-Mulhouse, avec ses gares nouvelles, le branchement de la ligne nouvelle à la voie de chemin de fer existante Mulhouse-Strasbourg par la grande courbe de Lutterbach. 2 - la réalisation d'un tronçon d'Auxonne (sur les bords de la Saône à une cinquantaine de kilomètres à l'est de Dijon) à Petit-Croix (en Territoire de Belfort, tout près du Haut-Rhin) 3 - la réalisation d'un tronçon de Devecey (à 7 km au nord de Besançon) à Lutterbach. Les extrémités de chacun de ces tronçons ont été choisies parce qu'elles offrent les meilleures possibilités de raccordement au réseau ferroviaire existant. Les études des deux nouvelles « hypothèses d'étape » seront engagées l'an prochain par la Mission TGV Rhin-Rhône ; elles ne devraient pas rallonger les délais des travaux préparatoires à la DUP, cette dernière, précisons-le, s'appliquant à la totalité du tracé Dijon-Mulhouse. Les études seront de nature technique (tracé des raccordements, ouvrages à construire), environnementale et économiques. On considérera les flux de trafic, les dessertes et la rentabilité de chacune des options.
UN DOSSIER QUI AVANCE
Les élus et dirigeants socioprofessionnels qui défendent le TGV, en première ligne Jean-Marie Bockel, président de l'association TGV Rhin-Rhône Méditerranée, se disent satisfaits de la nouvelle tournure du projet. Même si elle ne correspond pas tout à fait à la version de 1992 (le tracé Dijon-Mulhouse complété d'une branche sud qui relie Lyon par la rive gauche de la Saône), elle a au moins le mérite de faire avancer le dossier. Pour les riverains, le choix sera pourtant lourd de conséquences : le tronçon Auxonne - Petit-Croix fait faire l'économie d'une nouvelle ligne en Alsace. Pas de traversée de la vallée du Soultzbach, des bans communaux d'Eteimbes, Burnhaupt, Schweighouse, Reiningue et Lutterbach. Le tronçon Devecey-Lutterbach présente l'avantage d'éviter le Dolois, fief de Dominique Voynet, ministre de l'Environnement et de l'aménagement du territoire, adversaire déclarée du projet. Mais le tracé alsacien serait réalisé comme prévu. Un choix changera la vie des riverains alsaciens du tracé, l'autre pas...
L'un des tracés possibles du TGV Rhin-Rhône évite la traversée du vallon du Soultzbach et des communes de Burnhaupt et Schweighouse, notamment.
(Photo « L'ALSACE»)











