Le Franc-Comtois Olivier Robert est le conseiller technique de David Vuillemin. Discret, il veille sur le leader du championnat du monde de supercross 250 cc. « Je suis son gourou, son ami et son conseiller technique. Mon rôle, lors d'une compétition, c'est de lui indiquer les bonnes trajectoires à prendre, de l'aider à choisir les pneus adéquats, de lui montrer les erreurs à ne pas commettre... En un mot de le mettre en confiance.»
Olivier Robert, 35 ans, père de deux enfants, ancien pilote, fait partie de l'entourage proche de David Vuillemin, l'étoile montante du motocross et du supercross hexagonal, aux côtés de la famille et du mécanicien. Le jeune Marseillais de 21 ans a une nouvelle fois prouvé l'étendue de ses possibilités samedi soir au Stade de France, à Saint-Denis, en s'adjugeant la première manche du championnat du monde 250 cc, dont il est devenu le leader devant 53 000 spectateurs entièrement acquis à sa cause. Il envisage d'ailleurs de s'expatrier aux Etats-Unis dans deux ans, marchant ainsi sur les traces d'une autre star de la moto française, Sébastien Tortelli, afin de se confronter à l'élite de la discipline. « Je sais depuis longtemps qu'il est capable d'évoluer à très haut niveau », souligne Olivier Robert avec une pointe de fierté dans la voie. Il n'est pas étranger à ces succès mais reste pourtant modeste. « David n'a pas besoin de moi pour réussir, il a suffisamment de talent pour y arriver tout seul. J'essaye simplement de lui faire gagner du temps. J'y suis peut-être parvenu mais il y a encore beaucoup de travail à accomplir, de choses à apprendre, à changer, à optimiser.» Lorsque le « Cobra » (le surnom de David Vuillemin - lire encadré) est en piste, le Franc-Comtois de Port-sur-Saône se fait encore plus discret que de coutume, préférant se fondre dans la foule pour suivre la course avec sérénité. « Je suis d'un naturel assez calme. A l'inverse du père de David : il est plutôt nerveux et a tendance à mettre la pression sur les épaules de son fils, qui pour le moment a toujours su y faire face.»
« SEUL EN PISTE »
C'est avant la course qu'Olivier Robert est le plus actif. Il étudie la piste, observe les uns et les autres, fait part à David de ses commentaires. Il reste à ses côtés jusqu'au dernier moment, lorque la grille s'abaisse et que les pilotes s'élancent. « Il a souvent perdu du temps parce qu'il ne croyait pas en lui. En dehors des conseils purement techniques, qui se résument à des choses très simples, je suis là pour lui dire que tout est réuni afin que tout se passe bien du début à la fin.» Le Franc-Comtois, une fois le coup d'envoi donné, ne perd pas son protégé des yeux. « Je le regarde du premier au dernier tour. Ensuite nous étudions et nous analysons ce qu'il vient de faire. Le résultat est souvent au bout. Mais quoi que je dise, David se bat avant tout contre lui-même. Il est seul en piste.» Samedi, le duo a encore une fois réussi. Le Marseillais avait pourtant complètement raté son entrée en matière lors de sa demi-finale pour se retrouver en dernière position. Ce qui ne l'empêcha pas d'effectuer une superbe remontée. « Il a fait une très belle course. Il a malheureusement calé à vingt mètres de l'arrivée : il a perdu une place et a fini quatrième. Mais le plus important, c'était qu'il passe ce cap sans encombre. Maintenant il vise le podium. Après, c'est du bonus.» La finale ne fut qu'une simple formalité pour le pilote Yamaha... Olivier Robert n'a qu'un regret : ne pas pouvoir suivre David, avec lequel il s'est lié d'amitié en 1994 alors qu'il était l'assistant de Jacky Vimond, entraîneur de l'équipe de France de motocross, aussi souvent qu'il le souhaiterait. Ses activités au sein du comité départemental de Haute-Saône - avec notamment la création d'un pôle espoirs à Villars-sous-Ecot prévue pour septembre 1999 - ne lui en laisse pas toujours le temps. « Je l'accompagne dès que je le peux. Pour l'instant, je me contente des épreuves disputées en Europe. Je n'étais encore jamais aux Etats-Unis, où il est souvent en lice. Mais j'irai peut-être un jour. Pour le voir gagner.»
Olivier Robert, au stade de France samedi : « J'essaye simplement de faire gagner du temps à David. J'y suis peut-être parvenu mais il reste encore beaucoup de travail à accomplir, de choses à apprendre, à changer, à optimiser.»











