Un magasin de vêtements usagés fonctionne depuis cet été à Bourtzwiller, cogéré par Terre des Hommes 68, la Régie de quartier et deux paroisses.
30 F la couverture, 20 F la couette, 50 F le tailleur, de 10 à 15 F la chemise... D'occasion, bien sûr. Cher ou pas cher, cela ne se discute pas. C'est relatif. Mais les prix, quoique fixés par la Régie, cela peut se discuter ou plutôt marchander, à condition toutefois d'acheter plusieurs articles à la fois. « Je n'ai pas l'habitude de marchander, mais que voulez-vous... À ceux qui ne marchandent pas, j'offre un petit cadeau s'ils achètent pour une certaine somme.»
A CAUSE DU CHÔMAGE
Pourtant, de son chiffre d'affaires, Edda Innocent n'en touche pas un sous. Elle fait partie de l'équipe des bénévoles qui font tourner la nouvelle friperie de Bourtzwiller. Créé en juin dernier par la Régie du quartier, en partenariat avec Terre des Hommes Haut-Rhin et les paroisses Saint-Antoine et Sainte-Claire, le magasin de vêtements usagés veut répondre à un besoin, induit par le chômage, le sous-emploi et l'exclusion. Deux fois par semaine, les mercredis et vendredis après-midi, Edda Innocent et Jeannette Ramiliarisoa se transforment en boutiquières pour être au rendez-vous de leurs clients, dans une ambiance très naphtaline : « Gare aux mites!» « On accepte tous les vêtements », explique Edda, « à condition qu'ils soient propres. Mais nous trions quand-même. Si un col est usé, si une couture est défaite ou s'il y a une tache, ont en fait des chiffons. Rien n'est jeté.» Tout en pliant et en rangeant, les deux femmes trouvent le temps de palabrer avec qui cherche conversation. Inconsciemment, elles contribuent ainsi à « faciliter les liens entre femmes de cultures différentes du quartier », un des buts recherchés par les partenaires de la boutique.
COOPÉRATION
Une convention fixe les responsabilités et les engagements de chacun d'entre eux. La Régie de Bourtzwiller se charge de la location du local, de son agencement et de la mise à disposition d'une personne à temps partiel. Terre des Hommes a fourni les penderies, cintres et autres porte-manteaux. L'association livre aussi le gros des vêtements et récupère les invendus. Les dons des particuliers sont également les bienvenus. Les deux paroisses s'occupent de la gestion et l'animation de la boutique. Malgré tout ce bénévolat, il reste des dépenses : 15 000 F pour la location du local (payés par le Régie), 10 000 F pour un emploi ville à temps partiel et 1 000 F de frais divers. Soit un total de 26 000 F par an. Si, contre toute attente, les ventes n'arriveront pas à équilibrer les dépenses, la différence sera prise en charge par la Régie et Terre des Hommes. Un premier bilan sera fait en juillet prochain. Pour le moment, le chiffre d'affaires varie « entre 300 et 600 F par mois, après un mois d'août très calme ». A l'approche de la saison froide, les ventes semblent reprendre. Afin de rentrer dans les frais, mais aussi pour ne pas faire des assistés, « il n'est pas question de céder des vêtements gratuitement, ce que certains clients ne comprennent pas.» Dotée d'un sens aigu de la communication, Edda Innocent essaie de le leur expliquer, ce qui n'est pas toujours facile.
Le local de vente de vêtements usagés se trouve 19, rue de Gunsbach à Mulhouse-Bourtzwiller. Heures d'ouverture : mercredi de 14 h 30 à 18 h, vendredi de 14 h 30 à 16 h. Terre des Hommes 68 tient une autre friperie, rue Gutenberg à Mulhouse, ouverte le mercredi, jeudi et vendredi après-midi ainsi que le samedi matin.
A la friperie de Bourtzwiller, Edda Innocent propose des vêtements usagés à partir de 10 F, deux fois par semaine.
(Photo « L'ALSACE » - Darek Szuster)











