Pendant que les Américains pavoisent Cap Canaveral en l'honneur de John Glenn, les Russes poursuivent le travail avec la station Mir, occupée par Guennadi Padalka et Sergueï Avdeïev, d'autant plus ignorés des médias qu'aucun événement catastrophique n'a affecté le laboratoire depuis plusieurs mois. Et ces opérations créent la surprise : au lieu d'être rapprochée de la Terre en vue d'une chute contrôlée annoncée pour juin 1999, Mir va voir son altitude relevée ! Lancé dimanche de Baïkonour (Kazakhstan) et amarré à Mir depuis mardi matin, le cargo automatique Progress M-40 servira en effet à rehausser l'orbite de la station au lieu de l'abaisser, a expliqué, hier, Vladimir Soloviev, l'ancien cosmonaute qui dirige depuis 1987 les vols habités. C'est la deuxième fois que la Russie diffère l'amorce de la descente de sa base extra-terrestre, que le cargo-remorqueur précédent auraît déjà dû entamer. Officiellement, il s'agit de compenser le freinage naturel provoqué par une dilatation de l'atmosphère, sous l'effet d'une activité solaire importante. Malgré la crise financière, les Russes paraissent ainsi peu pressés de se débarrasser de leur île céleste. Constructeurs et cosmonautes plaident d'ailleurs pour garder Mir en service aussi longtemps que la future station internationale ISS ne sera pas opérationnelle. Or, si les deux premiers éléments doivent être lancés avant la fin de cette année, c'est seulement en janvier 2000 que l'ISS doit accueillir ses premiers occupants.











