A Breisach, le forum junior trinational a planché sur de nombreux thèmes. Et a défini ce que serait l'école idéale.
Ils étaient 24 jeunes, de 16 à 25 ans, venus à proportions égales d'Alsace, de Rhénanie-Palatinat et Bade-Wurtemberg, ainsi que du nord-ouest de la Suisse, à participer, du 23 au 28 octobre, à l'auberge de jeunesse de Breisach-am-Rhein, au quatrième forum junior trinational. Ensemble, ils ont échangé leurs visions culturelles, historiques, régionales, leurs préjugés, leur contestation, sectionnés par les frontières. C'est le cinquième congrès tripartite consacré à la « jeunesse, formation, emploi », en novembre 1995 à Strasbourg, qui avait donné naissance à ce forum. Les autorités publiques partenaires, la Région Alsace, les cantons de la Suisse du nord-ouest, les Länder de Rhénanie-Palatinat et du Bade-Wurtemberg, avaient alors décidé de laisser la parole aux jeunes. Chaque année, elles financent donc une rencontre, alternativement dans l'une des régions.
S'APPRÉCIER
On y aborde les questions transfrontalières mais c'est surtout l'occasion pour les jeunes d'apprendre à se connaître et s'apprécier. Le programme de ce forum 98 avait pour thème « Trois pays, trois cultures et tombent les frontières». Avec l'aide d'animateurs du milieu universitaire, les jeunes, répartis en trois carrefours, ont débattu de leur perception de l'histoire du Rhin Supérieur, de leur identification à leur région, leur nation, l'Europe, ou encore des formes de contestation de la jeunesse dans ces trois pays, suite notamment aux manifestations lycéennes en France. Ils ont souhaité dépasser le stade des idées pour s'atteler à des projets communs : un calendrier trinational des manifestations culturelles, une affiche « provocatrice », pour attirer l'attention sur leurs travaux, et surtout un projet d'école idéale commune à toute la région. La scolarité y serait obligatoire de 3 à 18 ans, avec d'abord des formes d'apprentissage ludique et à partir du collège, une journée en deux temps. L'effectif des classes ne dépasserait pas 20 élèves et les cours se feraient autour de tables rondes. Côté apprentissage des langues, les participants n'ont pas réussi à conclure sur le sort à réserver au dialecte. Un langage ressenti par une partie d'entre eux comme un facteur d'exclusion pour les habitants qui viennent des autres régions.











