Dans les locaux de France 3 Alsace, le club de la presse de Strasbourg célèbre ce soir deux décennies d'existence.
« Le passé oui, mais surtout l'avenir.» A la tête du club de la presse de Strasbourg depuis un an, Gérard Schuffenecker n'a pas souhaité que le vingtième anniversaire de l'association tourne à la commémoration. A 67 ans, cet ancien journaliste et grand reporter de « L'Alsace » et des « Dernières Nouvelles d'Alsace » demeure toujours à l'affût de l'innovation. « La presse est en mutation, les membres du club subissent ces révolutions à une vitesse grand V », souligne le président. « Il faut évacuer les vieilles lunes et parler de ce qui est en cours, et si possible de ce qui va se passer ». Alors que l'on s'apprête, ce soir, à faire la fête (*), le club planche sur l'organisation d'un débat consacré aux nouvelles technologies et au multimedia.
CONVIVIALITÉ
Installé non loin des institutions européennes dans une prestigieuse villa « Jugendstill », le club de la presse de Strasbourg regroupe actuellement 450 membres dont 110 journalistes, essentiellement français. S'y ajoutent une quarantaine d'associations et « des personnes chargées de communication des secteurs privés et publics », précise Gérard Schuffenecker. Les mauvaises langues parlent d'un club d'attachées de presse... « C'est malheureusement un club où il n'y a pas assez de journalistes », reconnaît le président. Comment pallier cette désaffection ? Par « des actions directes », répond Gérard Schuffenecker. « Il faut convaincre les confrères qu'il se passe quelque chose au club. Si nos activités sont bonnes, elles attireront les journalistes.» Il y a vingt ans, le président actuel faisait déjà partie de l'équipe de journalistes qui ont créé la structure. L'assemblée générale constitutive de l'association « club de la presse »s'était tenue le 11 octobre 1978 au restaurant de la Bourse, à Strasbourg. Depuis, la convivialité et la bonne chère n'ont jamais manqué.
LIBERTÉ D'EXPRESSION
Le président évoque les débuts avec chaleur. « Il y avait un conflit dès le départ », se souvient-il. « Deux tendances s'affrontaient. En caricaturant, il y a avait ceux qui voulaient une amicale et les autres qui souhaitaient en plus créer des événements, inviter des personnalités, organiser des conférences de presse. On parlait aussi de proposer des loisirs, de faire de la formation ». Au fil du temps, le club s'est imposé comme un lieu d'accueil « avec pour vocation, la défense de la liberté d'expression ». Un point d'échanges aussi. Pour l'anecdote, un jour de mars 1994, l'actuel président y a même rencontré sa future femme. « Il y a certainement des amours qui se nouent et se dénouent », note-t-il avec malice. Durant les onze présidences, divers styles se sont succédés. On se souvient des fêtes mémorables organisées dans les années 80. Gilles Chavanel et Christian Daniel, tous deux journalistes à France 3 Alsace, dirigeaient alors le club. Aujourd'hui, l'institution se veut « un lieu ouvert », de dialogues. Chaque semaine, le club décline l'actualité lors d'un déjeuner. Ce jeudi, c'est Daniel Payot, le nouveau président de l'université des Sciences humaines de Strasbourg qui s'attablera « Au Romain». « Ces déjeuners ne donnent lieu à aucun compte rendu de presse. L'entretien est réalisé en off, afin d'éviter la langue de bois.» Une lettre mensuelle rend compte de l'activité du club. Dans un mois et demi, l'association élira l'homme ou la femme de l'année. Dès lors, il sera temps d'envisager la succession de Gérard Schuffenecker. « J'ai 67 ans, dit le président,place aux jeunes ». S'il évoque le passé, l'homme pense surtout à l'avenir.
(*) Le programme de cette soirée d'anniversaire, organisée dans les locaux de France 3 Alsace à Strasbourg, prévoit un accueil-apéritif à 20 h, suivi d'une revue Press'Kopf Spécial, coordonnée par Michel Stourm avec des comédiens et comédiennes du club.
Le président Gérard Schuffenecker a fait partie des 34 journalistes qui ont créé le club de la presse de Strasbourg, le 11 octobre 1978.
(Photo « L'ALSACE » - Jean-Marc Loos)











