Le passage souterrain, où s'est produit la collision, est au centre des hantises des responsables de la sécurité.
« Au mois de mai, nous avions mené avec la CTS et l'ensemble des services de secours un exercice d'urgence exactement à l'endroit où s'est produit l'accident de ce matin », raconte Jacques Texier, médecin-chef du Samu. Nulle coïncidence entre l'exercice et l'accident mais la conscience de tous les responsables de la sécurité du tramway que le passage souterrain est la zone de tous les dangers en cas de collision. « En mai, notre objectif était de simuler un accident dans un tunnel », poursuit Jacques Texier. Informés des précédents dans le métro parisien, les services strasbourgeois veillent plus particulièrement à ce passage sous la gare. Fort heureusement, l'accident d'hier n'a pas répondu au pire scénario envisageable : celui où des voitures du tramway s'écraseraient les unes contre les autres, celui où un feu ou un dégagement de fumée bloquerait ou ralentirait les secours. Hier, les deux convois accidentés ne sont pas sortis des rails et la sécurité électrique a fonctionné.
UNE PREMIÈRE PSYCHOLOGIQUE
« Souvent, les gens les plus calmes après un accident sont aussi les plus choqués. C'est pourquoi il est important de les prendre en charge malgré les apparences pour les faire parler », indique le docteur Rohmer de la cellule d'urgence psychologique de la clinique psychiatrique des Hospices civils de Strasbourg. Créée pour prendre en charge les victimes de catastrophes, d'accidents ou d'attentats, cette cellule a vu le jour mardi, à la veille de sa première intervention. «Les passagers parlent beaucoup de leur sentiment d'impuissance face à ce qui leur arrive, de l'obscurité...» Même ceux qui ne sont pas blessés dans leur chair doivent être pris en charge sur les lieux mêmes du traumatisme pour leur permettre de faire face à ce qui est arrivé et éviter le développement d'angoisses, de phobies ou d'anxiété, en admettant ce qui leur est arrivé. L'équipe du docteur Rohmer a ainsi été intégrée au dispositif de secours pour la première fois à Strasbourg et n'a quitté le poste de secours avancé que lorsqu'il a été levé hier, vers 13 h, soit deux heures après la collision.











